mardi 13 mai 2008

Là tout n'est que luxure, horreur et volupté...
Femmes fatales, créatures de rêve, mantes religieuses...
Leur corps est un appât pour le pauvre pécheur.
Malheur à celui qui mord à l'hameçon : il pourrait bien y perdre son âme, son caleçon et le reste.
Anna, par exemple. Cheveux au vent, toute de blanc vêtue… Comment ne pas se laisser prendre au piège de
ses charmes ? Et tante Edith, femme jusqu'au bout des ongles, troublante, ensorcelante…. Et Kristi, image
de magazine, corset noir et cuissardes, papillon de chair et de mort….
Partenaire à la fois désiré et honni, l'homme donne corps à ces fantasmes. Certains vont même au-devant,
quand à ces fantasmes. Certains vont même au devant, quand ce n'est pas au-delà. Sur l'écran rouge de leurs
nuits blanches, c'est de plaisir qu'ils mourront, qu'ils soient sado, maso ou bien macho…
Avec un titre pareil, je m'attendais au pire ! Hé bien non, cette anthologie est très bien faite. Les plus grands auteurs (Robert Bloch, Ramsey Campbell, Graham Masterton) en côtoient d'autres moins connus mais l'ensemble du recueil est cohérent. Certaines nouvelles sont assez humoristiques, d'autres franchement horrifiques. Quand au sexe, il est parfois simplement suggéré et, pour certaines nouvelles, extrêmement « hard». Mais bien sûr toujours présent. Vingt nouvelles et très peu de déchets.
J'ai trouvé ce livre passionnant. Les nouvelles qui le composent sont parfois drôles (LE MÂÂCHIN), parfois terribles (LA BAIGNOIRE) mais toujours étonnantes.
Un chouette bouquin à conseiller. J'ai aussi acquis le tome 2. Une future lecture sympathique en perspective.
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Par Fantasio,
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dimanche 11 mai 2008

"Lebroc pose le petit cheval chinois sur la table basse du salon, bien en lumière. Il sort le Polaro, un vieux SX 70 à soufflet et prend trois photos.
La nuit est noire, pas d'étoile. Le thermomètre doit toujours se balader sous zéro. Il enveloppe la sculpture dans deux plastiques et ferme le tout hermétiquement avec du chatterton. Dans un coin du jardin, là où il plante son herbe au printemps, il creuse. Cinquante centimètres. Il pose le paquet au fond, rebouche, et place dessus deux grosses pierres. Un dernier coup d'œil. Il va ranger la pelle et rentre se coucher.
Un homme qui n'a jamais vu le cheval flotte sur la Meuse, les rotules explosées et la gorge tranchée. Du grand art ! Lebroc, lui, a vu le cheval et il l'a acheté. Alors, tous les rêveurs d'ici et d'ailleurs se sont réveillés pour raconter l'histoire du Hanxuema. "
Serge Frechet est né en 1956 près de Paris et vit actuellement en Ardennes. Il est membre du Collège de Pataphysique.
Voici un superbe polar dont l'action se passe dans le milieu des antiquaires et de la chine. Une mystérieuse sculpture chinoise de l'époque Ming, un cheval en fer suscite bien des convoitises...
C'est superbement bien écrit, il y a de l'action et de la réflexion. Chaque chapitre est introduit par une citation littéraire ou philosophique et du livre policier original, on passe très vite au thriller archéologique. C'est vif, intelligent, très bien écrit. L'action incessante n'empêche pas la réflexion et les caractères des personnages sont bien typés sans être caricaturaux.
La fin voit le récit basculer dans un délire bien réjouissant mais parfaitement maîtrisé (si j'ose dire)
et l'épilogue surprenant termine impeccablement ce très bon livre.
HANXUEMA est un polar atypique assez pessimiste mais très prenant, une lecture parfaite pour se détendre intelligemment. Acheter ce livre chez Amazon
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vendredi 9 mai 2008

Dix nouvelles sont ici rassemblées. Elles reflètent tout à la fois la diversité des talents de Mishima - art du détail comme du développement thématique, art de la description comme de l'ellipse - et la diversité des univers qu'il pénètre. Les hommes d'affaires et leurs épouses, les geishas, les gens du peuple, les acteurs du kabuki, le vieux prêtre du temple de Shiga et les soldats finissent par composer un Japon moderne en butte à ses traditions séculaires. Et tout est là : l'amour vénal, l'amour sublime et sacrilège ; la perversion des femmes et du monde de l'argent ; les superstitions et le sens du sacré ; la mort. La mort accidentelle des enfants. Celle, attendue, d'un vieillard. La mort rituelle, choisie pour l'honneur - ce seppuku que Mishima a finalement exécuté sur lui-même.
Quel beau livre ! Avec ces dix magnifiques nouvelles, on pénètre un peu dans l'univers et l'imaginaire japonais. De la cérémonie du thé, aux espoirs et croyances des geishas en passant par le fameux seppuku (hara kiri), Yukio Mishima nous ouvre les portes du Japon traditionnel. Sa très belle écriture au service de textes variés et originaux, offre toute une palette de situations où le drame côtoie la comédie et la tendresse, la cruauté.
Des nouvelles étonnantes, prenantes et extrêmement dépaysantes. J'ai particulièrement apprécié l'ambiance poétique et onirique de la nouvelle « Les sept ponts » et le terrible « Patriotisme » où l'on assiste au suicide d'un militaire aidé et accompagné par son épouse.
LA MORT EN ÉTÉ est un livre magnifique qui donne vraiment envie de lire d'autres oeuvres de cet auteur. Je pense que je ne tarderai pas à m'en procurer d'autres très vite.
En tout cas je vous le conseille fortement.Acheter ce livre chez Amazon
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mercredi 7 mai 2008

Sandrine et Gabriel se connaissent depuis vingt-cinq ans. Pour éviter l'usure irréparable de leur couple, ils imaginent ensemble un jeu. Ils se donneront rendez-vous dans la rame du RER de 17h43, nom de code Zeus, à Nation. Sandrine décidera de descendre ou non de la porte arrière de la troisième voiture.
19 secondes, 18 secondes, 17 secondes : Pierre Charras déroule son intrigue au fil d'un impitoyable compte à rebours. Dix-neuf secondes suffiront pour que le train quitte le tunnel, émerge dans les lumières du quai, stationne et reprenne sa course. Dix-neuf secondes au terme desquelles on bascule sans préavis d'une banale affaire de rupture à une tragédie brutale, irréversible...
Ce petit roman (par la taille) m'a beaucoup plu. Le début narre l'histoire de ce couple en difficulté qui décide un ultime jeu pour essayer de ce réconcilier. On pense à un roman psychologique, mais très vite, le récit bascule et on sent bien que le pire peut arriver. Petit à petit on comprend, grâce à des personnages qui, de secondaires deviennent prépondérants où l'auteur veut en venir mais l'écrivain garde toujours un temps d'avance sur le lecteur.
Du destin presque banal d'un couple nous passons à une tragédie collective pour revenir sur la fin sur le personnage principal avec un épilogue terrible.
L'écriture de Pierre Charras est fluide, précise et très agréable, l'histoire tient la route et ce livre offre un sacré bon moment de lecture.
Pour tout dire, j'ai adoré !
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lundi 5 mai 2008

D'après un scénario de Claude Sautet et de Boileau-Narcejac adapté du roman de Jean Redon, Georges Franju réalise un film d'horreur au climat envoûtant. La grâce d'Edith Scob s'oppose à Pierre Brasseur, chirurgien-assassin prêt à tout pour redonner un visage humain à sa fille atrocement défigurée après un accident de voiture qu'il a provoqué. Pour l'aider dans cette entreprise morbide, sa fidèle assistante (Alida Valli) enlève des jeunes filles d'une grande beauté. Un chef d'oeuvre !
Première sortie à Paris le 2 mars 1960 aux cinémas « Madeleine » et « Mercury ».
Comment réaliser un GRAND film d'épouvante sans grands moyens et sans trucages ? LES YEUX SANS VISAGE, grande réussite du cinéma d'horreur, répond à cette question. Un scénario solide, un cinéaste extraordinaire, des acteurs de talent et le tour est joué !
Ce film triste et beau est sans doute un des plus grands films français du genre fantastique. Sur une musique aigrelette et sautillante assez inattendue, l'histoire se déroule d'une manière implacable. Que dire de Pierre Brasseur sinon qu'il est extraordinaire dans son rôle de chirurgien devenu fou et meurtrier pour sa fille ? Les seconds rôles sont aussi épatants (un petit rôle d'inspecteur de police est d'ailleurs confié au jeune Claude Brasseur qui s'en tire plus honorablement). Les décors angoissants à souhait donnent au film son magnifique écrin et le réalisme de certaines scènes s'opposant à l'esthétique expressionniste de l'ensemble dégage une poésie qui, à la fin, fait irrésistiblement penser à une oeuvre de Cocteau.
LES YEUX SANS VISAGE est un film à la fois romantique et effrayant. C'est en tout cas un grand moment de cinéma, une perle à posséder absolument pour pouvoir le voir et le revoir.
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samedi 3 mai 2008

Il est parfois des mystères qu'il vaut mieux ne pas chercher à élucider. Helen, une étudiante qui travaille sur le symbolisme caché des graffitis urbains, ne va pas tarder à l'apprendre à ses dépens.
C'est la même erreur que commet Jerry en rentrant dans ses bains-douches désaffectés qui exercent sur lui une fascination morbide.
Et que dire de Cleve, hanté par ce rêve d'une ville inconnue où les assassins passent leur éternité à affronter le souvenir de leurs crimes, et dont la santé mentale vacille au point de l'amener à commettre l'irréparable ?
Quatre nouveaux et douloureux apprentissages de cette réalité traumatisante : les monstres qui hantent les cauchemars ne disparaissent pas (tous) au lever du jour...
Voici donc l'avant dernier tome des LIVRES DE SANG. Quatre nouvelles de la même qualité que les précédentes. Cette série est un régal pour les amateurs de littérature d'épouvante.
LIEUX INTERDITS : Dès le départ, ce récit me rappelait quelque chose. Très vite j'ai pensé au film « CANDYMAN » et c'est bien cela. Pourtant la nouvelle est radicalement différente du film. Une histoire glauque, malsaine qui nous plonge dans les terreurs collective. La fin, totalement épouvantable est tout simplement géniale !
LA MADONE : Sans doute la meilleure nouvelle de ce formidable recueil. Le récit baigne dans une ambiance véritablement oppressante et le bâtiment des bains douches se révèle un lieu terrible, sinistre et mystérieux. D'irréelles jeunes filles nues vont faire basculer les visiteurs dans l'horreur et dans un autre monde. Une histoire très particulière et originale et surtout terriblement fascinante.
LA TOUR DE BABEL : Une jeune femme va se trouver au centre d'un couvent étonnant d'où partent les instructions qui pilotent les politiques de tous les pays. Théorie du complot, manipulation, vision pessimiste du monde... mais la nouvelle est un peu bancale. On n'y croit pas une seconde. Un texte lisible mais sans aucun doute le plus faible du livre, voir même de la série entière des nouvelles qui composent LE LIVRE DE SANG.
PRISON DE CHAIR : la nouvelle qui donne son nom à ce recueil nous emmène dans une prison. Cleve Smith petit truand sans grande envergure purge tranquillement une petite peine de prison quand sa petite vie paisible est troublée par l'arrivée de Billy, gamin chétif et apparemment inoffensif. Billy va pourtant changer radicalement l'ambiance de la cellule et du pénitencier tout entier en prenant contact avec son grand père, exécuté dans cette même prison plusieurs décennies auparavant. Crimes atroces, cauchemars, interpénétration du monde des morts avec celui des vivants... un récit fantastique et terrifiant très réussi.
PRISON DE CHAIR comme les précédents tome des LIVRES DE SANG : LIVRE DE SANG, UNE COURSE D'ENFER, CONFESSIONS D'UN LINCEUL et APOCALYPSES est un livre qui ravira les amateurs du genre. Même la nouvelle la plus faible reste tout à fait lisible. Quand aux trois autres, elles sont tout simplement indispensables. Clive Barker joue comme personne de la terreur, la sexualité (toujours présente dans ses récits) et les atmosphères oppressantes et malsaines. Allez hop ! Direction le sixième et (hélas) dernier tome du LIVRE DE SANG.
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jeudi 1 mai 2008

« Même parvenu, Notre Précieux Souverain ne trouva point la paix en lui-même, tant il restait secoué en continu par des nervosités. Qui l’a vu fixe et arrêté ? Il ne bougeait que par ressorts. Si vous le retardiez dans sa course, vous démontiez la machine. Il marchait des épaules avec une façon personnelle de se dévisser le cou, remuant par courtes saccades comme s’il était engoncé dans un costume que lui taillait pourtant à sa mesure un artiste italien de renom. (…) Quand il parlait en public, plusieurs fois dans une même journée, il se rengorgeait ainsi qu’un pigeon et se livrait à de curieuses contorsions pour animer ses dires… » P.R.
Amusé, atterré, ébloui, agacé par la passion, l’amour et l’attention que suscite notre nouveau président – notre nouvel empereur, devrait-on dire –, Patrick Rambaud s’est lancé dans une chronique un peu particulière : conter, au jour le jour, l’éclosion de ce nouveau monarque, se fondant sur des faits vrais, mais dans l’esprit, avec la drôlerie et la cruauté de Saint-Simon… Dans cette chronique irrévérencieuse, on croise ainsi un souverain trépidant, une impératrice pincée qui règne sur son empereur, un dauphin de dix ans, des ministres empoudrés et fébriles, un duc de Bordeaux tragique, des barons à genoux… Rien n’échappe à la plume de notre chroniqueur, ni le short, ni le renouveau de la lampe Empire, ni les flagorneries des princes, ni les courbettes des petits marquis… ni, enfin, la folie amoureuse d’autres chroniqueurs et portraitistes un peu moins agacés.
Haaaa quel livre réjouissant ! Pamphlet, humour acide, caricature qui n'empêche pas la finesse, ce bouquin est un véritable régal !
C'est à la fois édifiant et amusant. On se délecte à la lecture de ce texte cruel mais qui relate dans un style élégant les premiers mois de la présidence de Sarko, le petit président bling bling, de ses ministres, de sa cour et de ses laudateurs pour ne pas dire idolâtres...
Cette chronique est une virulente attaque écrite à la façon de Saint Simon. Elle nous permet de nous remémorer les cascades de gaffes, de gags et de scandales qui ont marqués les débuts du règne de Nicolas Sarkozy. Ses maladresses, provocations et ratages, tout y est pour notre plus grande consternation tempérée par le plaisir de lire ce formidable et enthousiasmant bouquin.
Pourvu que l'écrivain nous offre bientôt une suite !
Décidément, Patrick Rambaud est un auteur bourré de talent qui sait divertir tout en faisant penser. Du même auteur je vous conseille, dans un tout autre registre sa formidable trilogie Napoléonienne : LA BATAILLE (Prix Goncourt et Grand Prix de l'Académie Française),IL NEIGEAIT et L'ABSENT ainsi que L'IDIOT DU VILLAGE, et COMME DES RATS, deux très bons romans.
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mardi 29 avril 2008

« Personne ne sait mieux que Fante dire les humiliations de l'enfance, les espoirs insensés et déçus, les rages au cœur et au ventre, les tendresses frustrées, les désirs impétueux. Personne ne sait dire aussi bien cette enfance-là, avec ses drames et ses rêves. Sans eau de rose, sans trémolos, avec une émotion vibrante et sèche, Le Vin de la jeunesse est à coup sûr un grand classique de la littérature sur l'enfance. »
Michèle Gazier : TÉLÉRAMA
C'est je crois le seul "Fante" que ne n'ai pas encore lu. Comme d'habitude, son style direct et efficace fait merveille pour raconter la vie des immigrés italiens aux États-Unis. Ici c'est de l'enfance qu'il s'agit la plupart du temps. Avec, comme toujours, de larges extraits autobiographiques. Dans LE VIN DE LA JEUNESSE, on assiste à des récits racontant l'enfance dure, pas toujours rose mais pleine d'amour et de tendresse du fils d'un immigré italien. Le quotidien de la famille baigne en permanence dans les soucis pécuniers (je sais, c'est un barbarisme) et le poids de la religion catholique omniprésente. Et si ces nouvelles décrivent sinon la misère, du moins une grande pauvreté, certaines histoires sont quand même souvent très drôles.
Un mélange inimitable d'humour, de nostalgie et parfois de méchanceté et de désespoir. John Fante est un auteur indispensable qui a souvent inspiré d'autres écrivains contemporains. Déjà envie de relire les autres bouquins de lui tiens ! Surtout BANDINI ou DEMANDE À LA POUSSIÈRE .Acheter ce livre chez Amazon
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dimanche 27 avril 2008

A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain.
Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais.
Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ? "
PRIX LAURE BATAILLON 1997.
voilà un livre que j'ai particulièrement aimé.
Dans l'Allemagne de l'après seconde guerre mondiale, une histoire, non pas d'amour, mais de fascination entre un jeune garçon et une femme assez mystérieuse. Leur relation n'est pas que physique mais un lien arrive à se créer grâce à la littérature. C'est Michaël qui fait la lecture et Hanna écoute. Elle ne commente pas ou rarement.
Cette histoire intime se mêle bientôt à la grande avec la révélation du passé d'Hanna puis de son secret, de son handicap.
Dans un style simple et limpide, l'auteur nous fait partager à travers ce récit d'une grande sensibilité, ses réflexions sur la responsabilité, le regard d'autrui et les dilemmes que peuvent induire les différentes déclinaisons du sens de la liberté et de la culpabilité.
C'est un beau livre passionnant qui incite à la réflexion mais aussi un récit plus complexe qu'il ne paraît au premier abord. En tout cas je vous en recommande chaudement la lecture.Acheter ce livre chez Amazon
Par Fantasio,
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vendredi 25 avril 2008

New York, 1933. Ann Darrow est une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. Se retrouvant sans emploi ni ressources, la jeune femme rencontre l'audacieux explorateur-réalisateur Carl Denham et se laisse entraîner par lui dans la plus périlleuse des aventures... Ce dernier a dérobé à ses producteurs le négatif de son film inachevé. Il n'a que quelques heures pour trouver une nouvelle star et l'embarquer pour Singapour avec son scénariste, Jack Driscoll, et une équipe réduite. Objectif avoué : achever sous ces cieux lointains son génial film d'action. Mais Denham nourrit en secret une autre ambition, bien plus folle : être le premier homme à explorer la mystérieuse Skull Island et à en ramener des images. Sur cette île de légende, Denham sait que "quelque chose" l'attend, qui changera à jamais le cours de sa vie...
En mettant le DVD dans le lecteur, je dois dire que je m'attendais au pire.
Le chef-d'oeuvre de Merian C. Cooper et Ernest B. Shoedsack (1933) me semblait inégalable et le remake de 1976 quoique honorable n'était guère convaincant et en tout cas ne faisait aucune ombre à l'original.
Le début du film est assez long, trop en fait, mais plante bien les personnages, le décor (New York) ainsi que le contexte de l'époque (la grande dépression). On commence à bailler un peu avant d'être plongé dans l'essentiel de l'histoire. Mais quand le film commence véritablement.... La claque ! Le débarquement sur l'ïle du Crâne est absolument époustouflant. On se croirait dans une adaptation d'un livre de Lovecraft ou de W. H. Hodgson. Les décors sont terrifiants (rochers en forme de crânes, côte déchiquetées. C'est splendide. Peter Jackson, le cinéaste respecte totalement l'oeuvre originale. On sent à une foule de détails sont admiration pour le film de 1933. Pas de surprises donc au niveau scénario. Y est ajouté cependant quelques pincées d'humour et de terreur absentes du premier KING KONG. Le mélange est d'ailleurs assez étonnant et peut parfois désarçonner le spectateur, une scène terrifiante pouvant succéder sans transition à une autre presque comique. Les truquages sont parfaits et les batailles de dinosaures sont exemplaires et largement dignes de JURASSIC PARK. Une course infernale ou les hommes se trouvent au beau milieu d'une horde de dinosaures paniqués est même assez époustouflante. La scène de bataille avec les insectes et autres sangsues géantes frôle même le film d'épouvante. Mais l'absence de sang et de scènes gores fait que le film, malgré quelques moments éprouvants, reste un spectacle familial.
Le retour vers New York et la fin de King Kong sont fidèles à la première version tout en bénéficiant d'effets spéciaux incroyables. Le Manhattan de l'époque est admirablement rendu. Les acteurs (Naomi Watts, Jack Black, Adrien Brody...) sans être exceptionnels sont tout à fait bons dans leurs rôles respectifs.
Bref cette version de KING KONG ne fera pas oublier l'original, qui reste un monument du cinéma, mais est plus que convaincante et par moment offre un spectacle prodigieux et parfois grandiose. Ce film, à mon avis, restera dans les annales du film fantastique. Il respecte l'original tout en nous faisant bénéficier de la technique moderne. Un pari réussi donc et à part un prologue beaucoup trop long, ce spectacle (presque) familial est vraiment bon.
Je ne regrette pas mon achat. Acheter ce film chez Amazon
Par Fantasio,
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mercredi 23 avril 2008

Comment vivre une histoire d'amour avec une jeune femme du XVe siècle, quand on est contrôleur des impôts à Châteauroux en 2008 ? C'est tout le problème de Jean-Luc Talbot, qui était un homme normal, rangé et rationnel... Jusqu'à la nuit dernière, où tout a basculé.
Est-il rattrapé par une passion vécue au Moyen Age, ou victime du complot diabolique d'un contribuable ? Ballotté de manipulations dangereuses en bonheurs fous, il se demande s'il est en train de perdre la raison, ou de trouver un sens à son existence.
Si la réincarnation existe, quel est son but ? Faut-il revenir sur les pas d'un autre, pour découvrir enfin qui l'on est ? Peut-on modifier le passé ? Peut-on réussir deux vies à la fois ?
Renouant avec ses thèmes majeurs, Didier van Cauwelaert nous entraîne dans un roman hallucinant où, à travers la drôlerie irrésistible des situations, la gravité de l'enjeu et le pouvoir des rêves, il suggère des réponses vertigineuses aux questions qui nous hantent.
C'est sympa, léger comme une mousse au fruit et on sait que l'on digérera très vite ce bouquin. Parfois gentiment paillard, souvent drôle et, il faut bien le dire, un peu trop sucré, ce livre offre une lecture facile mais pas du tout ennuyeuse. Le type même de bouquin qui fait passer une bonne soirée. (Deux en fait). J'aime bien Dider Van Cauwelaert mais je crois que je serais incapable de me souvenir des 5 ou 6 ouvrages que j'ai lu de cet auteur. Il faut bien se détendre hein ? Et puis c'est bien écrit et plein de rebondissements.
Le récit aurait gagné à avoir un poil de profondeur en plus et la partie « moyen âge » plus développée. Mais ne boudons pas notre plaisir, LA NUIT DERNIÈRE AU XV° SIÈCLE est une lecture bien divertissante. Acheter ce livre chez Amazon
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lundi 21 avril 2008

- Viens donc Jules, disait au bout d'un moment un buveur raisonnable.
- Ne réveille pas les morts, ils ont bien trop de choses à faire, sers-nous donc une tournée...
Et grand père quittait son piédestal, un peu tremblant, emporté sans doute par le souvenir de cette femme qu'il avait si peu connue, si peu étreinte, et dont la photographie jaunissait au-dessus d'un globe de verre enfermant une natte de cheveux tressés qui avaient été les siens, et quelques pétales de roses à demi tombés en poussière. Il saisissait une bouteille, prenait son vieux torchon à carreaux écossais et, lent comme une peine jamais surmontée, allait remplir les verres des clients.
Encore un beau texte de Philippe Claudel. Ce n'est pas un roman (86 pages) mais plutôt une nouvelle. Ce café véritable assommoir, sale, sans charme, réservé à quelques habitués, devient vu par les yeux d'un enfant, le petit fils du propriétaire, un endroit merveilleux, presque magique.
L'auteur avec sa prose si belle décrit très bien la métamorphose de l'infâme troquet en lieu paradisiaque par la grâce de l'amour que se portent un grand-père et son petit-fils. Encore une fois l'écrivain nous offre un beau petit moment d'émotion sans tomber dans le pathos. Un (très) petit livre que j'ai lu d'une traite en admirant l'écriture nette, simple et pleine de poésie et de nostalgie de Philippe Claudel.Acheter ce livre chez Amazon
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samedi 19 avril 2008

Colosse au cerveau ramolli par les raclées paternelles, Clay Blaisdell, dit Blaze, enchaîne les casses miteux. Son meilleur pote, George, lui, est un vrai pro, avec un plan d'enfer pour gagner des millions de dollars : kidnapper le dernier né des Gerard, riches à crever. Le seul problème, c'est qu'avant de commettre " le crime du siècle ", George s'est fait descendre. Mort. Enfin, peut-être...
Un suspense mené en quatrième vitesse, un vrai roman noir qui rappelle le meilleur de Jim Thomson ou James Cain.
Un inédit de King/Bachman miraculeusement retrouvé.
Stephen King n'a pas fini de nous surprendre.
Un fond de tiroir de 1973 ! Stephen King raclerait-il les fonds ? En tout cas, des fonds de tiroir comme cela, j'en redemande. Ce livre est vraiment bon. C'est un thriller, un policier qui, personnellement, me fait plus penser à James Hadley chase qu'aux auteurs cités si-dessus. L'influence (revendiquée) du roman de John Steinbeck : DES SOURIS ET DES HOMMES est bien perceptible même si c'est un mort qui tient ici le rôle de George est tenu par... un mort.
Le récit raconte, grâce à des flash-back, la triste et émouvante existence d'un colosse, à la limite de la débilité, sa vie qui bascule dans la petite puis la grande délinquance. Certes, BLAZE est un livre policier mais l'écriture de Stephen King flirte toujours avec le fantastique. Les dernières scènes font même penser à SHINING c'est dire !
Ce roman est encore une réussite à ajouter aux nombreux grands livres de l'auteur. Une belle et triste histoire doublé d'un suspense passionnant et angoissant. Je l'ai dévoré en un week-end et je suis bien certain que vous en ferez de même.
D'ailleurs je poserai des questions et je serai sans pitié envers ceux qui ne sauront pas y répondre.
Nan mais !
Allez Hop ! Direction Amazon, et plus vite que ça !
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jeudi 17 avril 2008

Imaginez qu'une nuit, alors que vous dormez paisiblement, vos deux mains soulèvent le drap qui vous recouvre, et commencent a s'agiter sur votre ventre, évaluant la manière la plus efficace de... Vous quitter. Effrayant, non ? D'autant que la question «comment les en empêcher ?» Ne saurait connaître de réponse satisfaisante... Et comment réagiriez-vous en apprenant qu'un milliardaire tente de reconstituer l'enfer en plein coeur du Sahara ? Ou si vous découvriez que la destinée de l'humanité tient dans les noeuds d'une ficelle lovée dans la poche d'un vieux clochard ?
Espérez plutôt que les «livres de sang» n'ont pas une valeur prophétique, car ce quatrième: recueil n'annonce rien moins que de formidables... Apocalypses.
Ce tome 4 des LIVRES DE SANG et encore un recueil de nouvelles indispensable. L'étonnant chez Clive Barker c'est la variété des thèmes qu'aborde l'auteur ainsi que sa façon d'aborder ces thèmes. On dirait que l'écriture change en fonction de l'histoire, ce qui permet au lecteur de ne jamais se lasser.
LE CORPS POLITIQUE :
Le thème des mains qui prennent leur indépendance est assez classique dans la littérature et le cinéma fantastique. (LA MAIN DU DIABLE ou LES MAINS D'ORLAC par exemple) mais avec Clive Barker l'histoire passe à la version « turbot ». Une très bonne nouvelle avec une fin ouverte.
LA CONDITION INHUMAINE :
Ce récit, plus développé aurait fait un roman génial. On sent d'ailleurs l'influence de Stephen King. Il est un peu dommage, justement, que la psychologie de certains personnages ne soit pas plus fouillée. Mais cette nouvelle reste passionnante et effrayante.
APOCALYPSE :
Quand deux fantômes reviennent sur les lieus d'un crime et qu'il sont confrontés à un prédicateur fondamentaliste et sa femme malheureuse et soumise mais médium, le résultat ne peut qu'être explosif. Formidable histoire menée à un train d'enfer. J'ai adoré cette nouvelle.
RETRO SATANAS :
Un récit très court, une sorte d'exercice de style sur l'existence de l'enfer très plaisant à lire.
LE SIÈCLE DU DÉSIR :
Quand un sérum transforme les animaux... et les hommes en monstrueux satyres en recherche permanente de copulations, les conséquences en deviennent terrifiantes. Sous les aspects d'une nouvelle d'épouvante, clive Barker dénonce ici (quelquefois avec humour) certains travers de notre société.
Après LE LIVRE DE SANG, UNE COURSE D'ENFER et CONFESSIONS D'UN LINCEUL, je ne peux que vous conseiller l'achat de ce quatrième tome. Il n'est composé que de très bonnes nouvelles et procure une lecture pleine de découvertes et de plaisirs.Acheter ce livre chez Amazon
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mardi 15 avril 2008

C'est l'histoire toute simple d'un gars qui fait le manoeuvre dans des petits ateliers de mécanique.
Félix tente d'expliquer en phrases saines et drues son désarroi d'être incompris et de mal comprendre. Que ce soit dans ses discussions avec ses patrons, avec les cousins ou avec sa femme, Paulette, Félix souffre toujours de savoir mal s'exprimer. Il lui arrive même d'entrer en conflit, dans l'esprit de sa femme, avec de superbes mots de roman-feuilleton, et de perdre la bataille.
Alors, il bat sa femme, au bout du désespoir. Tout comme on est contraint de faire la révolution lorsque les mots, les échanges et finalement l'existence ont perdu tout leur sens profond pour sombrer dans la vulgarité des idées trop couramment reçues et trop rarement ressenties.
Ce très beau livre date de 1942. Contrairement au texte de présentation ci-dessus, Félix ne bat pas sa femme. Enfin si, mais à la fin d'une longue période d'incompréhension. Quand tout est déjà fini, quand plus aucune chance n'est possible pour ce couple.
Tout le livre n'est que l'histoire de l'incommunicabilité entre deux êtres et même entre deux conceptions de la vie. Félix pense beaucoup mais n'arrive absolument pas à faire partager sa conception du monde. Il avale beaucoup de couleuvres, rumine ses petites et grandes rancoeurs et se sent, se sait incompris.
La description de la condition ouvrière est saisissante de vérité mais ce beau roman n'est pourtant pas engagé et n'est surtout pas misérabiliste. Son sens, son message est intemporel et il pourrait très bien être écrit aujourd'hui.
Je suis très content d'avoir découvert Jean Meckert et je vais sans doute me procurer d'autres romans de cet auteur.Acheter ce livre chez Amazon
Par Fantasio,
mardi 15 avril 2008 à 00:00 :: Mes lectures
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