jeudi 2 juillet 2009

Caroff, André : Saga de Mme Atomos 1 (La). Rivière Blanche)

"M. Maxwell, vous allez mourir lentement, et vous pourrez vous voir mourir ! Vos muscles sont déjà morts. Bientôt, vos nerfs le seront, puis, votre sang se coagulera dans vos veines. Votre coeur cessera de battre, mais pendant quelques secondes, votre cerveau fonctionnera encore. Ces quelques secondes seront horribles, M. Maxwell, horribles !"

Hiroshima. Nagasaki. Avec les compliments de Mme. Atomos.

L'Amérique tremble quand résonnent ces paroles lourdes de menace ! Car la terrible Mme. Atomos est bien décidée à venger sa famille et les morts des deux villes sacrifiées à l'holocauste nucléaire. Seuls obstacles à son démoniaque combat: Smith Beffort du FBI et Yosho Akamatsu de la Tokkoka.
La diabolique Japonaise ne recule devant aucune atrocité pour détruire les Etats-Unis : zombies radioactifs, araignées mutantes, rayons de la mort, spores indestructibles...
Son génie maléfique met le pays à feu et à sang !

Les trois premiers volumes d'un classique de l'épouvante réédités en intégrale pour la première fois depuis 1964, plus une nouvelle inédite, « Le Noël de Mme Atomos » de J-M. Lofficier et une préface de Joseph Altairac.

C'est un peu par hasard que j'ai su que les aventures de Madame Atomos venaient d'être rééditées par les éditions Rivière Blanche Il faut dire que cette célèbre série, parue à l'origine dans la collection « Angoisse » du Fleuve Noir de 1964 à 1970 était vraiment appréciée des lecteurs de cette collection. Je me souviens en avoir lu quelques volumes en 1967 et 1968. Bons souvenirs d'ailleurs. Je me suis donc précipité pour acquérir le premier volume de cette saga.
Première constatation, le livre est très beau. Reliure soignée, beau papier, illustration de couverture attrayante, un préface, une nouvelle inédite, des fac-similés des couvertures d'origine en introduction de chaque roman. Bref un bel ouvrage. Ce premier volume contient :
- La sinistre Mme Atomos
- Mme Atomos sème la terreur
- Mme Atomos frappe à la tête.
Plus une (très) brève nouvelle signée Jean-MarcLofficier :Le Noël de Mme Atomos.
Dès la lecture du premier roman, je me suis régalé. Il faut dire que l'auteur (un des meilleurs écrivains de la collection « Angoisse ») ne lésine pas sur les coup de théâtre et les rebondissements incessants comme dans toute littérature populaire qui se respecte. Mais ici en plus, les phrases courtes et percutantes ainsi qu'une ambiance lourde et très sombre assurent un réel intérêt à ces aventures.
Des champignons géants de plusieurs kilomètres de circonférence, des araignées (vraiment) géantes, des rayons qui rendent fous, des zombies, des bases secrètes souterraines... vous l'avez compris, nous sommes ici dans un grand-guignol assumé. Mais quel bonheur de lecture ! Je vous jure que l'on se régale ! D'ailleurs dès la lecture du premier roman de ce volume, j'ai commandé le suivant puis très vite l'intégrale des six livres de LA SAGA DE MADAME ATOMOS.
J'ai particulièrement aimé le troisième roman : MADAME ATOMOS FRAPPE À LA TÊTE qui, en plus d'une histoire extravagante et passionnante aborde le problème du racisme et des émeutes raciales de ces années là (le roman date de 1966).
Il faut noter la très bonne et très brève nouvelle de J-M Lofficier qui est bien dans l'esprit des romans de Caroff.
Il est évident que je ne vais pas lire les dix huit romans qui constituent cette saga d'un seul coup. Cela me prendra sans doute quelques mois voire plusieurs années. Je ne voudrais pas que les redondances inévitables gâchent ma lecture. Pas d'indigestion prévue donc, je vais déguster tranquillement cette formidable série.
Un grand merci aux éditions RIVIÈRE BLANCHE pour cette magnifique réédition. C'est vraiment du bon travail. (Même les fautes et coquilles d'origines sont reprises ici même et je ne suis pas sûr que ce soit volontaire).
En tout cas si vous aimez la littérature d'épouvante populaire, je vous engage à acheter cette saga.
Le reste du catalogue de cette maison d'édition est d'ailleurs plus qu'alléchant pour l'amateur de SF et de fantastique.

Acheter le premier volume de LA SAGA DE MADAME ATOMOS sur le site de Rivière Blanche.

lundi 29 juin 2009

Bayrou, François : Abus de pouvoir. (Plon)

« Le président de la République a un plan. Il conduit la France là où elle a toujours refusé d’aller. L’abandon du modèle républicain, le culte de l’argent, le choix d’une société d’inégalités, le renoncement à ce qui faisait la force et l’originalité de la France dans le monde. Partout, la France se range du côté des puissants. En même temps, tous les centres de décision, politiques, économiques, médiatiques sont convoités et mis en réseau. L’arbitraire règne en maître. Jamais démocratie ne porta plus mal son nom. Jamais République ne fut moins publique. »

Avec une rare force d’écriture, avec des portraits tendres ou cruels, avec colère ou ironie, François Bayrou a choisi de dénoncer la vraie nature de l’abus de pouvoir que l’on veut imposer à la France.

Avec ce livre, pas de faux semblants. François Bayrou dénonce nommément Nicolas Sarkozy. ABUS DE POUVOIR est bien un pamphlet qui attaque de front le président.
Que se soit sur les rapports du chef de l'état avec l'argent, les fausses réformes qui ne sont en fait que des régressions sur les droits et libertés, sur la politique de défense (retour dans l'OTAN), sur l'arbitraire sous toutes ses formes, etc. François Bayrou dresse un portrait saisissant sur la politique actuelle. Rien ne trouve grâce à ses yeux. Certes il prend la précaution d'affirmer que ce n'est pas l'homme qu'il attaque mais ses actes mais qui peut le croire ?
Il n'empêche que le portrait qu'il dresse de Sarkozy est assez effrayant. Manque de lucidité, incompétence, désir avoué de « casser » le modèle social français, fascination pour l'ultra-libéralisme anglo-saxon, abus de pouvoir, mépris des autres, mensonges, malhonnêteté intellectuelle, contrôle des médias.... tout y passe.
François Bayrou a une plume acérée et la met au service de son opposition assumée au président et surtout à ses idées.
L'auteur a du style et son érudition éclate pratiquement à chaque page. C'est donc avec plaisir que l'on suit ce livre-réquisitoire et l'on est forcément convaincu par les faits et arguments développés dans ce livre.
Bien sûr, François Bayrou n'est pas non plus un modèle de modestie et ses propositions, à la fin de l'ouvrage, sont, semble t-il, rajoutées pour donner un alibi à l'attaque frontal contre le chef de l'état. Il n'empêche que ce livre offre une synthèse salutaire de tout ce que l'on peut reprocher à ce gouvernement.
C'est un livre qui aurait dû être écrit par un homme de gauche. Mais où sont-ils ces opposants naturels ?
Les récentes élections européennes ont montré que « l'homme » Bayrou ne séduit guère les français. Mais ses idées sont de bon sens et on sent qu'il ne faudrait pas grand chose (à part les ego des uns et des autres) pour qu'une grande alliance entre une gauche modérée et un centre assumé rassemble une grande partie de l'électorat.
En tout cas, ce livre me conforte dans mon opinion qui est que quel que soit l'homme et le parti, tout serait préférable à ce président incompétent qui fait honte à notre pays.
À lire absolument !



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jeudi 25 juin 2009

Gudule. (Duguël, Anne) : Dancing Lolita (in Le Club des petites filles mortes). (Bragelonne)

DANCING LOLITA est le premier roman de ce recueil, premier tome des romans complets de Gudule (Anne Duguël). C'est aussi un inédit.
Ce livre est bien représentatif du style particulier de l'écrivain.
À l'époque, très proche de la nôtre, où se déroule ce récit, un médicament miracle permet aux vieillards de retrouver le corps qui était le leur à l'âge qu'ils souhaitent. De vieilles dames rajeunissent pour se retrouver avec un corps de fillette. C'est donc le paradis des pédophiles.
Sauf que comme le précise Gudule : « pour tout pédophile digne de ce nom, sans innocence, pas de flétrissure, point de jouissance... ».
C'est exactement le cas de Michel, beau-père de Mina, VRAIE gamine, qui abuse régulièrement de celle-ci. Mina arrive à s'enfuir, aidée par Abel, écrivain cherchant sa mère qu'il pense être devenue une « Lolita ».
Les deux fuyards sont activement recherchés à la fois par Michel et par les sbires d'un étrange centre médical qui cache un trafic de véritables petites filles. En outre, on croise dans cet étrange roman des « ratés », monstres humains issus de mauvais succédanés du médicament miracle.
Dans cette histoire hallucinante, on a du mal à deviner qui est qui et l'innocente fillette ou la belle et jeune fille croisée au détour d'un chemin peut se révéler une redoutable tueuse. Gudule décrit ici un monde assez sordide et hypocrite, au final guère éloigné du nôtre, où le corps n'est plus qu'une marchandise et le plaisir réservé aux plus riches.
Le récit est passionnant mais aurait mérité un développement plus important. La fin est terrifiante mais quand même légèrement téléphonée.
Au final DANCING LOLITA est un bon petit (trop petit) roman, d'une originalité certaine, à l'ambiance terriblement glauque et malsaine et dont l'aventure trépidante ne laisse aucun répit au lecteur assez effaré par cette histoire hors du commun.
LE CLUB DES PETITES FILLES MORTES dont est tiré DANCING LOLITA présente sept autres romans fantastiques de Gudule. Il est suivit du tome 2 : LES PETITES FILLES MORTES SE RAMASSENT AU SCALPEL. Je possède les deux et je me régale d'avance de toutes ces futures lectures !



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lundi 22 juin 2009

Une vierge chez les morts-vivants

UN TERRIFIANT VOYAGE AU COEUR DE L'ENFER !
Après la mort de son père, la jeune Christina est invitée dans un petit village du Honduras pour l'ouverture du testament. Elle fait la connaissance de son étrange famille. Dès que la nuit tombe, d'étranges manifestations se produisent. Christina est le témoin de phénomènes surnaturels, et voit des fantômes. Est-elle victime d'hallucinations ? De cauchemars obsédants ? Christina est entraînée malgré elle au cœur de terrifiants secrets de famille...

Quel nanar, non mais quel nanar ! On est pas loin de Ed Wood avec ce... disons film.
Dès le début, on est frappé par la musique, enfin la musique... Le réalisateur a sûrment embauché quelques gamins pour taper sur différent tuyaux et autres objets qui devaient traîner dans le coin. Ensuite, on remarque les couleurs horribles, criardes presque insupportables.
Donc notre héroïne arrive au Honduras. Curieusement, les voitures que l'on croise sont toutes des DS, Dauphine et autres 4L, bref des voitures françaises ! Ce qui nous permet de vérifier d'ailleurs que ce film est bien daté des années 70. (1973 pour être précis.)
Ensuite on ne peux que remarquer que la synchronisation est mal faite (c'est un euphémisme.) Le dialogue est terminé depuis 5 secondes que les lèvres des protagonistes bougent encore. Le bruit des pas résonne encore alors que notre héroïne est arrêtée depuis un bon bout de temps, etc.
Les décors sont affligeants et de lourdes portes ont une épaisseur de carton d'emballage. Bref la totale !
Christina se révèle vite une crétine parfaite qui ne se rend pas compte que sa « famille » n'est constituée que de morts vivants. (Elle trouve quand même que son oncle a la peau un peu froide). Et puis ensuite on apprend avec intérêt que « la nuit, les vautours viennent froisser leurs ailes contre les fenêtres du château ».
Après quelques conversations absconses, notre belle andouille va se coucher. Totalement nue (sauf un énorme collier en bois) ce qui nous offre quand même quelques belle images . D'ailleurs elle est presque toujours à poil ainsi que sa curieuse cousine (à l'air encore plus cruche que Christina si c'est possible). Les quelques scènes sanglantes sont risibles (la cousine (nue) suçant un sang de mercurochrome sur la poitrine (nue) d'une aveugle dont je n'ai pas vraiment compris le rôle. Le matin, passablement secouée par les événements de la nuit, la belle crétine va se balader un peu. Au bout de vingt mètres, elle tombe sur un étang (une petite mare) et bien entendu se fout à poil pour piquer une tête... au milieu de quelques voyeurs bien baveux. Piqué dans sa pudeur, elle se rhabille et rejoint le château au bras d'un de ses admirateurs qu'elle trouve sympa. Au détour d'un chemin elle aperçoit son défunt père,pendu qui la met en garde contre la famille. Elle n'en tient pas compte et rejoint le château... ou elle se met à poil.
Je vous passe quelque péripéties avec la cousine (nue), le pendu qui saigne des gencives et autres joyeusetés (chauve-souris morte sur le lit, rires idiots....) l'idiote fuit le château, tombe sur un mort vivant et pour lui échapper revient au château, bref les trucs habituels.
Scène capitale, notre Christina se retrouve (nue) ligotée sur un vieux tapis dégeu dans une cave entourée de quelques malheureuses bougies... elle va être sacrifiée bien sûr ! On trouve aussi une « reine des Ténèbres » dont on se demande ce qu'elle vient faire dans cette histoire.
Et (enfin), la scène final où les morts vivants (avec la pétasse) rejoignent la mare (comparée au Styx de la mythologie) pour s'y enfoncer. Comme la mare n'est pas assez profonde on voit bien qu'ils marchent à genoux ! Il faut noter aussi que les nanas se rhabillent pour plonger dans l'eau !
Ce film est d'une nullité telle qu'il fait beaucoup rire. Il n'est que le prétexte à quelques scènes saphiques qui seraient bien réjouissantes sans l'air définitivement bovin des actrices.
Acteurs, mise en scène, scénario, couleurs, truquages, bande son, tout est totalement et définitivement mauvais dans ce film avec une mention spéciale pour les dialogues particulièrement stupides.
Bref un régal pour les vicieux dans mon genre.
Ce DVD est INDISPENSABLE J'ai encore dans ma collection quelques films du même genre. Quand je vous dis que je suis un grand malade !
:green:



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jeudi 18 juin 2009

Hornby, Nick : Vous descendez ? .(10/18)

La nuit du Nouvel An, à Londres, quatre personnages atypiques, déçus par leur existence et bien décidés à faire le grand saut, se retrouvent sur le toit d'un immeuble de quatorze étages... Martin, présentateur vedette de la télévision, dont la carrière et la famille ont été brisées par un scandale retentissant ; Maureen qui n'en peut plus de s'occuper, seule, d'un fils handicapé ; Jess, souffrant d'une grosse peine de cœur, pleine d'amertume (et d'alcool) ; et enfin JJ, jeune Américain dont les rêves de devenir rock star ont finalement disparu. Outre le désespoir, ce quatuor improvisé a en commun... une petite faim et retrouve peu à peu, autour d'une pizza, le goût de la vie.

Captivant, drôle, sympathique, touchant sensible... Tous ces qualitatifs s'appliquent à ce bouquin. On ne s'ennuie pas, c'est le moins que l'on puisse dire, à la lecture du dernier roman de Nick Hornby. Pourtant, ce livre n'est pas exempt de défauts. Quelques longueurs et redites, des personnages parfois caricaturaux, et des situations qui frôlent par moment l'incroyable nous laissent parfois dubitatifs. Mais Nick Hornby écrit vraiment bien. Ses personnages sont vraiment attachants et la critique sociale, jamais envahissante est toutefois toujours présente en arrière fond. La drôlerie omniprésente désamorce les situations qui sinon seraient douloureuses.
Un bon livre donc même si personnellement je le trouve un ton en dessous de HAUTE FIDÉLITÉ et surtout de À PROPOS D'UN GAMIN.
Un bon petit roman à dévorer.



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lundi 15 juin 2009

D'Epenoux, Matthieu. Fraga, Roberto. L'Homer, Odet : Contrario. (First Editions)

Le petit livre de CONTRARIO. + de 150 expressions détournés à retrouver.

Dégourdissez-vous les méninges!

Vous connaissez sûrement la chanson ELLE GRATTAIT LA GUITARE ASSISE. Non ? Et LES PLANQUÉS DE LA VOÛTE RETROUVÉE, ça ne vous dit rien ?
Mais quelle mouche a donc piqué la culture G ? Votre mission : remettre d'aplomb des expressions détournées. Comment ? En utilisant des contraires, des synonymes, des mots de la même famille, avec, si besoin, deux indices pour vous mettre sur la piste.

À VOUS DE JOUER !

On vous dit : Inca la guêpe. Voici les deux indices : « dessin animé » et « ruche ». Tic, tac, tic, tac... il fallait trouver : Maya l'abeille, évidemment ! Et maintenant, à vous : qui est Goliath Chatouilleux ? Qu'est-ce qu'un policier cultivateur ? Êtes-vous adepte des gothiques au jus de tulipe ? Allez, on vous aide : c'est de la littérature, et on y parle toujours d'amour... La réponse à cette énigme et à plus de 150 contrarios à l'intérieur !

Mattieu d'Epenoux est le fondateur de la société interlude/Cocktail Games. Avec Roberto Fraga et Odet L'Homer, il a créé le jeu de cartes Contrario qui a remporté le grand prix du jouet.

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas de littérature dont je vous entretiendrai aujourd'hui. Car ce petit opuscule est plus un jeu qu'un livre.
C'est mon ami Matthieu (dit Le Baron), créateur du jeu Contrario qui, avec ce livre nous offre une sorte d'introduction au jeu familial édité par sa société.
Pour les amoureux des mots, pour les esprits tordus qui adorent triturer les expressions, ce livre est un vrai petit bonheur. Pour moins de trois euros, Je suis sûr que vous passerez de bons petits moments avec CONTRARIO.
Mais ce que je peux vous affirmer c'est que si vous aimez les jeux de société, si vous aimez vous amuser entre amis ou en famille, vous adorerez les magnifiques jeux du même nom édités par COCKTAIL GAMES
Merci Matthieu pour ce petit bouquin plus que plaisant.
Pour mon petit cadeau, je préférerais du liquide plutôt qu'un chèque ou un virement. Laissons le fisc en dehors de notre amitié !
:langue: :green:



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Le site de COCKTAIL GAMES pour vous renseigner sur CONTRARIO ainsi que les autres jeux.

jeudi 11 juin 2009

Murelli, Jean : Nuit des trépassés (La). Fleuve Noir "Angoisse".

Inutile de le cacher, c'est bien pour l'illustration de couverture que j'ai acheté ce bouquin il y a quelques années déjà. D'ailleurs j'aime tant cette image qu 'elle me sert d'introduction à la présentation de ma collection  »Angoisse » du Fleuve noir. J'ai beaucoup attendu avant de me lancer dans la lecture de ce bouquin daté du premier trimestre 1967. Mon regain d'intérêt pour cette collection et de récents achats me poussent à en lire un de temps en temps quand même...
Je dois avouer que mon avis est mitigé. Le récit a du mal à se mettre en place et il faut attendre un bon quart du bouquin avant que l'action démarre vraiment. Un homme assez falot accepte de divorcer de sa très jolie femme pour que celle-ci puisse intégrer une curieuse et mystérieuse école de danse tenue, dit-on, par un extravagant milliardaire, Monsieur Z. Morton.
Sans nouvelles depuis deux ans, Gérard, le mari, entame une carrière de musicien qui l'amène à effectuer des tournées dans le monde entier. Par hasard, il est amené remplacer un guitariste dans un orchestre qui va jouer au Cap d'Antibes et là, surprise ! Il voit son ex-femme danser sur une scène qu'il ne peut approcher. Mais de retour à Paris, il apprend que Régine est décédée il y a déjà quelques temps...
C'est à ce moment que l'histoire commence vraiment. Gérard se mue en détective et s'introduit dans la propriété du milliardaire pour en avoir le cœur net. Il découvre alors la terrible vérité ! Le récit bascule alors vraiment dans le fantastique et même dans un curieux délire où on ne sait plus qui est vraiment qui. Robots et humains se mélangeant dans un angoissant brassage qui épaissit le mystère.
Je ne vous dévoilerait pas l'intrigue mais sachez qu'elle est bien ficelée et l'espace de quelques chapitres on est vraiment happé et scotché par ce bouquin. La fin, bien que classique, est quand même assez frustrante. Dans l'ensemble le bouquin est plutôt sympathique malgré une introduction assez longue que l'on oublie vite et une fin un peu loupée. L'écriture est agréable et sans être un grand livre, LA NUIT DES TRÉPASSÉS fait passer un bon petit moment de détente. J'ai lu sur un forum que certains affirment que Jean Murelli ne
serait qu'un pseudo de Frédéric Dard. Je ne suis pas un spécialiste mais franchement je serais vraiment étonné que ce soit le cas. Je n'ai pas retrouvé dans ce bouquin la moindre trace du style de l'écriture du père de San Antonio.



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lundi 8 juin 2009

Jacquard, Albert : Le compte à rebours a-t-il commencé ? (Stock)

Longtemps, l'humanité a vécu en pensant qu'elle avait tout son temps, que le progrès n'en finirait pas de transformer le monde à notre avantage, que les hommes seraient toujours plus riches, plus beaux, plus performants, que l'on pouvait fabriquer indéfiniment des bombes nucléaires sans risquer de les employer et que nous avions le droit de prélever à l'envi toutes les richesses de la planète sans jamais entamer son capital.
Cette époque est révolue. Nous savons maintenant que le temps nous est compté et qu'à force de travailler contre nous-mêmes, nous risquons de fabriquer une Terre où aucun de nous ne voudra vivre. Dans ce livre qui ressemble à un avis de tempête, Albert Jacquard passe en revue les questions à propos desquelles il est urgent de procéder à une refonte complète de nos habitudes.
Non, le pire n'est pas certain, mais nous devons nous hâter.

Célèbre généticien et humaniste convaincu, Albert Jacquard avec ce livre pousse une nouvelle fois un cri d'alarme. Par sa façon de produire, de consommer, de se comporter, notre planète ou plus exactement notre humanité se dirige rapidement vers sa fin.
Il nous communique ses réflexions sur le risque démographique, le changement climatique, la fin annoncée des ressources naturelles, le péril nucléaire de plus en plus présent avec la prolifération de l'arme atomique, les dangers de l'économie financière déconnectée de la réalité capitaliste et bien sûr l'appropriation de la consommation par une minorité, laissant de plus en plus de pauvres dans un dénuement complet.
Certes, ce genre de dénonciation n'est pas nouvelle mais Albert Jacquard sait dépasser le simple constat pour, non pas proposer des solutions, mais donner des pistes, des orientations possibles pour essayer d'inverser ce processus d'auto-destruction qui paraît irréversible.
Pour lui, l'éducation est la priorité. Arrêter de penser « compétition », se demander ce qui est vraiment UTILE à une vie réussie. Remplacer la recherche de domination par l'apprentissage du travail en équipe, bref, se battre pour les besoins collectifs plutôt que pour une accumulation de produits de consommations inutiles qui devient, à terme, suicidaire.
L'écriture de l'écrivain est d'une clarté étonnante et il nous persuade facilement qu'une technique sans éthique n'est vouée qu'à un échec dont la perspective désastreuse se rapproche très vite. Un livre passionnant d'une humanité rare.
Ce livre m'a été offert dans le cadre de l'opération »Masse critique » de BABELIO



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jeudi 4 juin 2009

Teulé, Jean : Je, François Villon. (Pocket)

Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a étudié à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les curés, les assassins, les poètes et les rois. Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Ides plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps. Il a ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les autres poètes : l'absolue liberté.

Après Rimbaud et Verlaine, Jean Teulé ne pouvait mieux clore son voyage en Poésie qu'en endossant avec orgueil et humilité les haillons magnifiques de François Villon.

Je crois sincèrement que seul Jean Teulé pouvait réussir un portrait crédible de François Villon, poète maudit parmi les maudits !
Il faut avouer que l'écrivain ne fait pas dans la dentelle en décrivant la vie parisienne à l'époque de Charles VII. Exécutions publiques, tortures ignobles, il ne faisait pas bon de déplaire à la loi du roi ou de Dieu au XV° siècle.
Alors Teulé nous raconte la vie plus que dissolue de Villon. Sa naissance le jour où son père fut pendu, son enfance plus que misérable, sa mère enterrée vive pour vol d'une couronne de rose (elle avait déjà eu les oreilles coupées pour un larcin de deux harengs !), puis sa vie d'écolier parsemé de blagues douteuses, de vols, de bagarres et de ses fréquentations plus que douteuses, de son premier meurtre, rituel obligé pour intégrer la terrible bande des coquillards, des écorcheurs sans foi ni loi, de ses condamnations et réhabilitations diverses et des ses tribulations dans une France hallucinante de pauvreté et de violence.
Bien sûr, le récit, et c'est heureux, est parsemé de poèmes de Villon. Teulé nous brosse un tableau peu ragoutant de la capitale française. Il s'attarde avec complaisance sur les aspects les moins reluisants de la vie et des personnages de l'époque, mais il réussit admirablement à donner une vie plausible au truculent poète.
On aime ou on déteste Teulé et ses outrances littéraires (moi j'aime) mais il faut reconnaître qu'avec ce livre il nous offre un portrait crédible de François Villon et donne envie de se plonger dans les poèmes de ce dernier. N'est-pas l'essentiel ?



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lundi 1 juin 2009

Silverberg, Robert : L'Oreille interne. (Folio SF)

David Selig, Juif new-yorkais d'une quarantaine d'années, se considère comme un raté. Il est pourtant télépathe et pourrait profiter de ce don pour faire fortune, conquérir - et garder ! - les plus belles femmes... Mais non, rien à faire, il estime être un monstre tout juste bon à faire le nègre sur des devoirs d'étudiants, incapable de réussir sa vie. La dernière preuve en date : ce talent qu'il déteste tant, mais qui est finalement son seul lien avec le reste de l'humanité, est en train de le quitter ! Apeuré à l'idée de se retrouver seul avec lui même, Selig nous conte sa misérable existence.

Mélancolique ! C'est exactement le mot qui convient pour qualifier ce merveilleux roman. Le thème de la télépathie n'est ici qu'un prétexte et ce livre est plus l'histoire de l'auto-analyse d'un homme. David est prisonnier entre la mauvaise conscience de posséder un don exceptionnel et la peur de perdre celui-ci. Il raconte son parcours de l'enfance à l'âge mur en mettant en avant son autocritique sur la façon dont il s'est servit – plutôt mal – de son étrange aptitude à la télépathie. Loin des romans habituels de science-fiction, ce fantastique pouvoir ne lui sert pas à devenir le maitre du monde ou même simplement un homme riche et célèbre. Au contraire, David Selig est embarrassé par sa capacité de pénétrer l'esprit d'autrui et ce qui devrait être un don du ciel se révèle plutôt une gène dans la vie de tous les jours et surtout dans sa vie amoureuse (largement développée ici). Sans être une malédiction, la télépathie ne lui sert guère dans ses rapports sociaux.
David porte un regard intérieur sur sa vie, réfléchit sur son pouvoir et continue, bon an, mal an son parcours d'homme presque ordinaire qui, petit à petit, perd le don qui le différenciait du reste de l'humanité..
L'OREILLE INERNE est un superbe roman psychologique, une réflexion profonde sur la différence. L'humour n'en n'est pas absent mais la tristesse prédomine largement. Le regard très juste porté sur les années 70 fait aussi partie du plaisir que donne la lecture de ce magnifique récit.
L'OREILLE INTERNE est une des plus belles réussites de Robert Silverberg. Ce roman est devenu un classique, une lecture indispensable que je vous conseille chaleureusement.
:D


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jeudi 28 mai 2009

NOËL, Jérôme. ROBERT Catherine. GERMON, Olivier. MARTIN, Steve. PARACELSE: Lisière.

C'est sur le blog de mon copain Oggy que j'ai découvert cet opuscule. En fait, Oggy ne le conseillait pas, il exigeait son achat par les lecteurs de son blog.
Alors devant cette injonction, j'ai cédé....
Ce petit recueil contient onze petites nouvelles d'un niveau forcément inégal mais toutes sont d'une lecture agréable. Quelques dessins fort sympathiques de Michel agrémentent les textes.
Les sept premiers textes de ce petit livre sont de Jérôme Noël.
GOLDRUSH nous raconte l'histoire de Greedfull, un à l'époque mythique de la fameuse ruée vers l'or au Klondike. Sa rapacité va l'amener à sa perte. Texte classique à la fin assez prévisible, il reste cependant bien sympathique.
LA DERNIÉRE FOLIE DE CHI-CHI LARUE se déroule pendant le tournage d'un film pornographique gay. C'est assez drôle mais je doit dire que le final me laisse assez dubitatif. C'est, à mon avis le texte le plus faible du recueil.
SNACKYCOOKIE est un texte de fiction parodique« à la Jacques Sternberg » dont l'intrigue est basé sur l'appétence des américains pour les produits sucrés. L'auteur ne maitrise visiblement pas les mécanismes de l'économie ni de la politique mais le but de cette réjouissante nouvelle n'est sûrement pas la crédibilité.
APRÈS T est un très bon récit où l'on apprend comment s'affrontent les forces du bien et du mal avec pour enjeu le monde. Texte très original et j'ai beaucoup aimé.
LISIÈRE qui donne son nom au recueil est très bien écrit et énigmatique à souhait. Il faut noter, et ceci est valable pour toutes les nouvelles de Jérôme Noël, que l'écriture, précise et riche participe pour beaucoup au plaisir de la lecture.
LES SQUATS – N°16-LA RUE DES DOUVES est superbe. Le récit monte en puissance pour atteindre une rare intensité vers la fin. Le dénouement de l'histoire est d'une brièveté percutante. J'ai beaucoup aimé.
TANGRAM est tout simplement génial. Cette histoire est à la fois captivante, originale et terrible. Franchement elle est la meilleure (avec la précédente) de cette partie de l'opuscule.
L'ARME de Catherine Robert est un court texte assez classique sur la fascination envers les armes à feu. Son traitement en fait tout l'intérêt.

DANS LE COULOIR d'Olivier Germon est une superbe petite nouvelle d'épouvante. La fin est glaçante. J'ai adoré !
DANS LE MIROIR de Steve Martin est un très bon récit également. En quelques lignes, il décrit un monde effroyablement désespérant.
JÉSUS REVIENT de Paracelse est un texte parodique sur le monde médiatique. C'est tout à fait drôle, acide et vraiment sympathique. Je me suis régalé.
Voilà. J'ai passé un très bon moment à lire ce petit livre. Tous les textes (à l'exception peut-être de la deuxième nouvelle dont la fin m'a laissé perplexe) sont de très grande qualité Je pense qu'ils ne seraient pas déplacés dans une anthologie publiée chez un grand éditeur.
J'espère bien pouvoir rapidement lire une deuxième livraison de cette « revue /fanzine ».
En tout cas je vous engage chaleureusement à vous procurer ce petit livre.

Acheter LISIÈRE sur le site de l'auteur.

lundi 25 mai 2009

Un tag de Soie

Je viens d'être gentiment tagué par Soie .
Il s'agit d'un petit questionnaire sur mes habitudes et manies de lecteur et j'y réponds volontiers.




- Plutôt corne ou marque-page ?
Jamais de corne ! Je respecte trop le livre pour ça. Par contre, malgré une belle petite collection de marques-pages tous très beaux, je trouve plus commode de me servir d'une carte postale ou d'une image de taille équivalente. J'en change régulièrement pour varier les plaisirs.

- As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
J'en reçois sans arrêt ! Tous mes amis connaissent ma passion pour la lecture. Alors du plus simple bouquin de poche d'occasion au « beau » livre à la splendide reliure, je suis la cible idéal pour ce genre de cadeaux.

- As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
Quel est le lecteur passionné qui n'y a jamais songé ? Mais quelques essais dans ma jeunesse m'ont permis de vite comprendre que je n'ai strictement aucun talent. Je suis un lecteur et je me cantonne à ce rôle.

- Lis-tu dans ton bain ?
Ni dans mon bain, ni sous la douche, ni aux toilettes, ni en roulant à moto. C'est un principe.

- As-tu un livre culte ?
Pffffff pas un, des tas ! Les Misérables de Victor Hugo ou Chroniques Martiennes de Ray Bradbury sont les deux premiers qui me viennent à l'esprit.

- Aimes-tu relire ?
Oui et c'est un de mes problèmes. J'aimerais relire plus souvent. Et non seulement j'ai une « pile à lire » mais de plus une pile, virtuelle celle-là, à relire. Cela fait deux ou trois ans que je me promets de relire « Crime & châtiment », « Le comte de Monte-Cristo »ou mes vieux « Bob Morane » par exemple...

- Que penses-tu des séries en plusieurs tomes ?
Pas grand chose. J'évite seulement de commencer une série de romans dont j'imagine que je pourrais me lasser. C'est pour cela que je ne lis pratiquement pas d'Héroïc fantasy. En général le récit devient gonflant vers le troisième ou quatrième tome d'une histoire qui en comporte quinze ! Mais je n'ai pas peur des gros livres.

- Rencontrer ou pas les auteurs de livres qu'on a aimé ?
Non, je n'en rêve pas. Ou alors j'aimerais une longue, très longue conversation avec l'écrivain en question. Mais soutirer un autographe et obtenir deux mots polis d'un auteur ne m'intéresse pas vraiment. Je n'ai pas l'esprit « Fan ».

- Comment choisis-tu tes livres ?
Critiques sur des blogs ou dans des revues, bouche à oreille, coup de cœur pour une couverture, conseil d'un libraire... tout est bon pour me faire craquer.

- Une lecture inavouable ?
« Il n'y a pas de mauvais livres mais de mauvais esprits », je n'ai aucun tabou et je peux très bien lire un livre pour enfant, un roman à l'eau de rose ou au contraire un livre pornographique. Je ne rejette rien.

- Un livre idéal pour toi ce serait ?
Il est très courant. C'est juste un livre passionnant qui abolie le temps. Qu'il laisse un souvenir impérissable ou qu'il s'oublie rapidement, ce n'est pas vraiment important. Le livre idéal est celui que l'on dévore.

- Aimes-tu parler de tes lectures ?
Bien évidement. Il m'arrive souvent, je le sais, de saouler mes amis avec mes conseils insistants.

- Des endroits préférés pour lire ?
MON CANAPÉ ! Je bouquine allongé avec un tas de coussins sous la tête, un verre de bière ou de Perrier à porté de main. C'est LE bonheur !

- Télé, Jeux vidéo ou livres ?
Un bon petit film ou un DVD de temps en temps (pas plus de deux fois par semaine) mais ma vraie passion est bien la lecture. Jeux vidéo ? Non ou alors pendant les heures de boulot. Mais je ne suis ni doué ni passionné alors...
Je suis définitivement un lecteur fanatique !

- Lire en musique ou en silence ?
En silence. Quelques essais n'ont pas été concluants. Soit cela m'agace, soit tellement plongé dans ma lecture je n'entends rien. Je laisse donc ma chaîne au repos.

- Lire par dessus l'épaule ?
Non, ou alors juste le titre par curiosité.

- Lire un livre électronique ?
Je n'ai pas encore eu cette occasion. Mais cela m'étonnerait que l'on puisse remplacer le plaisir de la vue, l'odeur, le toucher du papier. Je pense que le livre électronique à un bel avenir dans les études ou le domaine professionnel mais pour la lecture d'agrément, je ne suis pas persuadé de l'utilité du bidule. J'ai déjà du mal à lire sur mon PC, j'imprime le texte.

- Livres empruntés ou livres achetés ?
Les deux mon général ! Seul problème, si j'ai adoré un livre emprunté à un ami, je ne peux lui rendre qu'avec grande difficulté. Pour un qui vient de la bibliothèque et que j'aime vraiment... je file l'acheter !

- Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ?
BAR 2000 de Stefano Benni. Le prochain sera sans doute LE COMPTE À REBOURS A-T-IL COMMENCÉ d'Albert Jacquard. J'ai aussi un bon tas de chouettes livres de science-fiction à lire d'urgence.

- As-tu déjà abandonné la lecture d'un livre ?
Oui mais rarement. Il faut vraiment qu'il me gonfle. J'ai toujours l'espoir que je tirerai quand même quelque chose d'une lecture. Quand je lis un livre vraiment nul, il m'arrive de sauter des pages et /ou de lire en diagonale. Mais c'est très exceptionnel.

- Quel est le premier livre que tu as adooooooré d'amour ?
Sans doute le premier ! Mais c'est si loin !
Grand souvenir quand même pour la clé du bahut , un formidable petit roman pour la jeunesse et aussi pour mon premier livre de lecture scolaire. Mais je pense sincèrement que toutes mes premières lectures ont été marquantes et ont changées ma façon de voir le monde. Elles ont sans doute été déterminantes pour mon parcours de vie. Je ne me suis jamais remis de la découverte des livres.

Voilà je passe le relais à qui le veut. Mais je serais curieux de lire les réponses de Sybilline, Constance Calepin , Argentel , Sentinelle Claudius et d'Oggy sur leurs blogs respectifs.

jeudi 21 mai 2009

Welsh, Irvine : Ecstasy "Trois contes d'amour chimique". (Points)

« On est tous des déjantés et nos yeux ne sont plus que de grandes flaques noires d'amour et d'énergie. »

Des handicapés montent une organisation terroriste. Un auteur de romans sentimentaux s'adonne soudain à la pornographie. Un couple d'accidentés de la vie fusionne dans l'amour absolu. Tous conjuguent trois addictions : vengeance, amour et drogue. Que se passe-t-il lorsque les fantasmes envahissent le quotidien ?

LORRAINE À LIVINGSTON
Le début de la première nouvelle de ce recueil est prometteur. Avec cette femme auteur de roman à l'eau de rose qui, par vengeance envers son mari qui la trompe et conseillée par une infirmière, fait déraper ses écrits vers une pornographie bien cradingue. On y croise des personnages assez ignobles comme cet ami adepte de la nécrophilie et des paumés plus ou moins sympathiques.
Mais ce récit semble bâclé et ne tient pas vraiment ses promesses. C'est le plus court des trois et curieusement il comporte des longueurs (comme par exemple de trop longs extraits de l'œuvre sentimentale de Rebecca Navaro, l'héroïne de cette histoire). Mais l'humour y est omniprésent et fait passer les défauts et l'invraisemblance des situations.


LE BONHEUR SE CACHE TOUJOURS
La deuxième nouvelle est passionnante. C'est une intrigue policière totalement délirante et très cruelle. Les courts chapitres se succèdent et, petit à petit, les pièces du puzzle intrigant du début se mettent en place. Les protagonistes de ce récit sont presque tous d'infâmes individus. C'est très bon, très prenant et j'ai beaucoup aimé cette histoire déglinguée.


LES INVAINCUS
La troisième partie du livre est consacré à une nouvelle qui n'en est pas vraiment une. On pourrait plus parler de reportage sur un trentenaire dont la vie ne tourne plus qu'autour de l'ecstasy, LSD, et autres substances chimiques. Mais pratiquement tout le monde dans ce récit est atteint de « blues urbain » et ne vit que pour et par la drogue, l'alcool et la musique du samedi soir. Les chassé croisés amoureux n'arrivent pas à masquer une totale et sans doute irrémédiable incommunicabilité. Le récit très haché paraît léger mais nous présente une société en décomposition où l'individualisme se cache derrière des amitiés que l'on devine plus que fragiles. Une histoire désenchantée ou la drogue est le véritable sujet.

Dans l'ensemble j'ai apprécié ses trois récits (parfois un peu décousus cependant). Si les protagonistes de toutes ces histoires sont tous des êtres incultes, bêtes et souvent méchants, L'écriture particulière est assez séduisante. J'ai encore deux romans de cet écrivain en attente dans ma PAL. J'en suis heureux.



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lundi 18 mai 2009

Koja, Kathe : Extrêmes. (Flammarion)

Une femme délaissée prend racine dans le jardin de son compagnon... Un homme rescapé d'un accident d'avion se découvre le pouvoir de voler... Un thérapeute fasciné par les dessins obscènes d'une de ses patientes sent vaciller ses certitudes... Une jeune vendeuse épie à travers la cloison les ébats de sa voisine avec un amant mystérieux. Uri jour, elle décide de séduire celui-ci... Un couple recourt à un masque en cuir SM pour pimenter sa vie sexuelle. Mais ce troisième partenaire acquiert peu à peu une inquiétante autonomie... Quand le sordide bascule dans le cauchemar, l'esprit enfante des monstres et les obsessions grandissent jusqu'à l'extrême. Seize tableaux des enfers de la folie, de la perversité et de l'autodestruction où l'on reconnaît la patte d'un maître de l'horreur moderne, entre Clive Barker et William S. Burroughs.

Kathe Koja est l'auteur des romans Brèche vers l'enfer (couronné du Prix Bram Stoker), Décérébré, Corps outragés, Le Sang des anges, ainsi que de nouvelles parues dans nombre de magazines et d'anthologies depuis 1988. Elle vit dans la banlieue de Detroit avec son mari, l'artiste et photographe Rick Lieder, et son fils Aaron.

Je ne dirai pas que le texte de quatrième de couverture est malhonnête. Par contre il est incomplet et oublie une dimension essentielle du monde très personnel de Kathe Koja : la poésie.
Il est vrai que les textes qui composent ce livre sont souvent dérangeants. Kathe Koja écrit très « crûment » . Le corps humain et ses sécrétions diverses sont décrits sans concessions. L'univers de l'auteur est obsessionnel et fissure une société qui paraît bien ordonnée.
Mais presque toujours, au moment où on ne l'attend pas, l'écrivain nous offre de beaux moments de tendresse, de poésie cachée.
Certes les nouvelles d'EXTRÊMES sont sombres, parfois même sales, mais elles sont toujours passionnantes et posent toujours des interrogations captivantes. Certains d'ailleurs seront, je pense, rebutés par le côté obscur, difficile voir même abscons de la plupart des textes.
Pour ma part, j'aime beaucoup ce genre de nouvelles. Non seulement la fin des récits est ouverte mais souvent elle est plus qu'énigmatique. Kathe Koja laisse son lecteur interpréter ses textes. Cela peut s'avérer agaçant mais toujours enrichissant.
Je crois sincèrement que l'on adore ou on déteste ce livre. Pas de milieu !
J'AIME ! :danse:
De Kathe Koja, j'ai déjà lu et aimé le roman BRÈCHE VERS L'ENFER



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jeudi 14 mai 2009

Delecroix, Vincent : Chaussure sur le toit (La). (Folio)

« Dans cette époque, ai-je dit à voix haute, le sacrifice d'une chaussure vaut bien le sacrifice d'une vie n'est-ce pas ? »
Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la gare du Nord. On rencontrera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l'évidence de sa propre médiocrité, un chien mélancolique, un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain, un narrateur au bord du suicide... et une chaussure pleine de ressources romanesques, tour à tour outil de vengeance, objet philosophique, support amoureux...
L'imbrication des histoires les unes dans les autres à l'intérieur du roman permet à Vincent Delecroix d'aborder des registres très différents, du délire philosophique à la complainte élégiaque en passant par la satire de mœurs et par la peinture drolatique de la solitude – thème de prédilection de l'auteur.

C'est par hasard que j'ai acheté ce livre, attiré par le titre mais aussi par l'énigmatique illustration de la couverture. Bien m'en a pris.
Ce livre est un petit bijou d'intelligence et les dix récits qui le composent sont à la fois drôles et profonds. Dix nouvelles pleines d'imagination, dix petites fantaisies imbriquées les unes dans les autres qui forment un roman à tiroirs tout à fait réjouissant.
Chaque récit tourne donc autour d'une chaussure (jamais la même) énigmatiquement posée sur le toit d'un immeuble. Et chaque nouvelle est joyeusement délirante.
Romantique, léger voire faussement naïf, ce livre nous montre en fin de compte les multiples visages de la solitude. La philosophie n'est pas absente, de même qu'une surprenante revisite du mythe de Philoctète. Sophocle s'en retournerait dans sa tombe !
Mais rassurez-vous, LA CHAUSSURE SUR LE TOIT est un véritable bouquin de détente. Un jeu sur les variations d'un thème qui donne le tournis et force l'admiration. Vincent Delecroix (qui enseigne la philosophie, tiens tiens...) nous offre avec ce livre un chouette moment de lecture. Intelligent mais très ludique.
Je vous conseille chaleureusement ce très bon petit bouquin.


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