mardi 6 janvier 2009

Monteleone, Thomas : L'Horreur du métro. (J'Ai Lu)

DES ESPRITS DÉMENTS SE METTENT EN MARCHE POUR UNE VENGEANCE TERRIFIANTE !

Le cadavre était presque réduit à l'état de squelette. Sur quelques lambeaux de chair verdâtre rampaient encore une multitude de choses voraces, grouillement informe de gélatine visqueuse, agitée de convulsions obscènes. Soudain les « choses » parurent remarquer la présence de Whitney, l'exterminateur de rats, et son hurlement de terreur et d'agonie résonna longuement dans les couloirs déserts du métro.
De Whitney, on ne retrouva que quelques os bien blancs, bien propres. De Jeff, le surveillant des égouts, et de Sam, le vieux poivrot, pas d'avantage.
Et l'inspecteur Corvino, chargé de l'affaire, soupçonne que ces meurtres inexplicables ne font que commencer. Comme si, en creusant ces tunnels immondes dans les entrailles de la terre, l'homme l'avait violée et devait dès lors payer pour ce crime.

Ce bouquin traînait depuis un bon moment dans ma bibliothèque. Il faut dire que la couverture est digne de figurer dans un concours de mauvais goût. Je vous livre le nom de l'illustrateur pour que vous puissiez lui jeter des oeufs pourris si jamais vous croisez son chemin : Miller.
Le titre du livre est aussi très racoleur puisque l'original est : NIGHT TRAIN. Quand aux deux lignes chapeautant le texte de présentation, elles se révèlent fausses également puisqu'il ne s'agit pas d'une histoire de vengeance et qu'il n'y a pas l'ombre d'un dément...
Bravo donc aux éditions J'ai Lu pour leur honnêteté intellectuelle ! :diable:
Malgré tout cela, ce livre se laisse lire et est même assez plaisant. C'est un thriller avec de vrais morceaux de fantastique dedans. Quelque scènes d'épouvante comme celle du quatrième de couverture pimentent une histoire qui sinon ronronnerait gentiment. En fait on a un peu l'impression d'avoir déjà lu ce récit tellement les personnages sont stéréotypés. De l'inspecteur de police bourru mais humain en guerre contre ses supérieurs bornés à la jeune et jolie journaliste amoureuse de ce dernier en passant par un vieux savant distrait connaissant tout de l'occultisme et possédant sans le savoir le nécessaire pour vaincre les « choses » innommables et bien sûr quelques sous fifres de la police, égoutiers et clodos sans importances ne servant que de pitance aux monstres hantant le métro New yorkais. Du classique, du déjà vu, du réchauffé...
Mais ne partez pas ! Ce livre assez épais se révèle finalement plutôt bon et dès le début (en 1915, une rame de métro, son conducteur et tous ses passagers disparaissent mystérieusement) on accroche au roman. Quelques allusions à Lovecraft (le fameux Nécronomicon et une clef de Cthulhu qui se révélera providentielle) ainsi que quelques pages vraiment horrifiques donnent à ce récit un intérêt certain même si le classique des situations et le banal des personnages empêche le livre d'être vraiment original.
Mêlant l'enquête policière au fantastique et écrit dans un style vif qui privilégie l'action, L'HORREUR DU MÉTRO est un bon petit bouquin tout à fait lisible, assez typique des années 80, qui offre un bon moment de détente.


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samedi 3 janvier 2009

Gaudé, Laurent : Cris. (Le Livre de Poche)

Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M'Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d'où ils s'élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l'insoutenable fraternité de la guerre de 1914.
Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore, retentit l'horrible cri de ce soldat fou qu'ils imaginent perdu entre les deux lignes du front, " l'homme-cochon ". A l'arrière, Jules, le permissionnaire, s'éloigne vers la vie normale, mais les voix de ses compagnons d'armes le poursuivent avec acharnement. Elles s'élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité.
Dans ce texte incantatoire, l'auteur de La Mort du roi Tsongor (prix Goncourt des lycéens 2002, prix des Libraires 2003) et du Soleil des Scorta (prix Goncourt 2004) nous plonge dans l'immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes.

Ce petit livre nous raconte une brève période du terrible quotidien de quelques « poilus » engagés dans la guerre des tranchées. Leurs peurs, souffrances, douleurs... espoirs parfois sont décrits dans de courts mais puissants petits paragraphes qui nous font passer d'un soldat à un autre.
Ce texte qui pourrait être classique dans la forme frôle parfois le fantastique avec cette histoire d'un étrange et insaisissable « homme cochon » qui erre entre les lignes franco-allemande. CRIS est une sorte de tranche de vie des tranchées. Il rend bien la folie meurtrière de la première guerre mondiale. Et s'il n'a pas la force ni le développement d'un A L'OUEST RIEN DE NOUVEAU d'Erich Maria Remarque, de CROIX DE BOIS de Roland Dorgeles ou de LE FEU d'Henri Barbusse (que j'ai envie de relire), il nous offre quand même avec son écriture d'une belle simplicité, une lecture passionnante.
Un bon livre que je conseille.



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mercredi 31 décembre 2008

Lebrun, Sébastien : Petit recueil d'Humour Noir. (City)

Mieux vaut rire de la mort... surtout quand c'est celle des autres! C'est un excellent moyen de l'apprivoiser, voire de la conjurer.
Epitaphes, aphorismes, bons mots, histoires grinçantes mais cocasses: ce petit recueil rassemble ce qui s'est dit et écrit de plus amusant sur ce sujet pourtant douloureux. Une bonne dose d'humour noir qui, parfois, nous fait rire jaune.
C'est un peu cruel, souvent désespéré, mais toujours indispensable. Car, comme le disait Desproges: "Vivons heureux en attendant la mort"!

Le moins que l'on puisse dire c'est que Sébastien Lebrun ne s'est pas foulé ! Pas de préface, pas de texte de présentation des différentes parties, pas de postface... rien !
En fait ce livre n'est qu'une compilation de citations, d'épitaphes et de blagues diverses. Et pourtant, c'est réjouissant et on passe un sacré bon moment avec ce bouquin. Car même si la plupart des citations et aphorismes sur la mort sont le fait d'hommes célèbres et souvent archi-connus, c'est toujours un plaisir de les relire.

- « Il faut se suicider jeune pour profiter de la mort. » (Pierre Dac)

- « Il est plus facile de mourir pour une femme que de vivre avec elle. » (Lord Byron)

- « Maintenant que je suis vieux, lorsque je parcours un cimetière, j'ai l'impression de visiter des appartements. » (Édouard Herriot)

- « Ce n'est pas que j'aie peur de mourir. Je veux juste ne pas être là quand ça arrivera. » (Woody Allen)

- «  J'étais quelqu'un. Qui ? Ça ne vous regarde pas. » (Épitaphe anonyme)

Bref un bon bouquin qu'il faut déguster tranquillement comme un vieux Cognac. Une lecture idéale et peu fatiguante pour les lendemains de fêtes...


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Je profite de ce billet pour vous souhaiter à toutes et à tous un excellente année 2009 remplie de lectures diverses et passionnantes.
:fete: :bouquin2: :boing: :fete: :bouquin1: :boing: :fete:

dimanche 28 décembre 2008

Vebret, Joseph : Friandises littéraires. (Ecriture)

Saviez-vous que la voiture de sport nuit gravement à la longévité des écrivains ? Que les experts se querellent encore sur l'origine du pseudonyme de Voltaire ? - Que l'on ne peut démissionner de l'Académie française ?
- Avez-vous une idée du nombre :
- de personnages qui composent La Comédie humaine ?
- d'exemplaires vendus d'En attendant Godot de Beckett en 1952, l'année de sa parution ?
- de prix Goncourt attribués à des romans parus chez Gallimard ?
- de fautes que vous commettriez à la fameuse dictée de Mérimée ?
Depuis l'ultime parole d'Apollinaire ( " Je veux vivre ! J'ai tout à faire ! ") jusqu'à la première phrase de Voyage au bout de la nuit (" Ça a débuté comme ça "), ces Friandises littéraires rassemblées par Joseph Vebret offrent des centaines d'informations surprenantes, décalées, insolites, inattendues, indispensables ou... parfaitement inutiles.

Joseph Vebret, né en 1957, s'est longtemps fourvoyé dans le journalisme avant de franchir le pas et de partager son temps entre lecture et écriture. Romancier (Le Souffre-plaisir, Picollec, Prix de la SGDL, 1998), dramaturge, auteur d'anthologies (Les Perles de la République, l'Archipel, 2004 ; L'Amour de l'écriture, l'Archange Minotaure, 2006), il anime Le Magazine des Livres.

De la même veine que LES MISCELLANÉES DE Mr. SCHOTT ainsi que LES MISCELLANÉES CULINAIRES DE Mr. SCHOTT, ce beau petit livre m'a également été offert par Matthieu (le Baron) qui essaye vainement de se faire pardonner son état de « Patron ». N'empêche que je le remercie chaleureusement pour ce sympathique cadeau de Noël.
Matthieu, on te guillotinera, certes mais sans grand plaisir !
Ce livre est donc une véritable mine d'informations diverses, étonnantes, instructives et souvent drôles sur le monde littéraire. On apprend qu' À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU se compose de 9609000 signes, espace incluses ou que le premier volume des aventures d'Harry Potter fut refusé par pas moins de 14 maison d'édition (30 refus pour CARRIE de Stephen King). Grâce à ce livre, on peut savoir le nombre d'écrivains ayant refusé la Légion d'honneur et apprendre quel auteur a été retrouvé mort dans la neige.
Bref tout un merveilleux fourre-tout où l'on puise avec plaisir de petites perles de savoir parfois inutiles mais toujours curieuses.
En fin de compte, je suis content d'avoir un membre du patronat comme ami moi...


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jeudi 25 décembre 2008

Paris, Gilles : Autobiographie d'une courgette. (J'Ai Lu)

"Depuis tout petit, je veux tuer le ciel". Ainsi commence l'histoire racontée par Icare, un petit garçon naïf et inculte, surnommé Courgette, qui, à neuf ans, vit à la campagne avec sa mère.
Depuis son accident, la mère de Courgette ne travaille plus à l'usine et boit des bières en regardant la télévision du matin au soir. Elle s'occupe peu de son fils qui n'apprend rien à l'école et joue seul pour la plupart du temps. Les rares dialogues échangés passent par la télévision, source d'inspiration de Courgette qui ne connaît la vie qu'à travers le petit écran. Un jour, Courgette découvre un revolver et tue accidentellement sa mère. Le juge le déclare "incapable mineur" et Courgette est envoyé dans une maison d'accueil.
Mais pour Courgette, contrairement aux autres enfants, la maison d'accueil est loin d'être "une prison". L'apprentissage d'une vie passe désormais par les Fontaines et tous les rêves de Courgette deviennent possibles.

Une belle histoire optimiste qui se termine bien, un conte moral touchant et drôle sans mièvrerie, AUTOBIOGRAPHIE D'UNE COURGETTE est un petit bouquin bourré d'humour et d'émotion. Faire parler un petit garçon de neuf ans est un exercice « casse-gueule » au possible mais Gilles Paris réussit à merveille ce défi. Et même si le « parler enfantin » dérape parfois, le ton sonne juste et on adhère à cette histoire où Courgette fait l'apprentissage de l'enfance, découvre l'amour et la tendresse. C'est parfois un peu triste mais très vivifiant avec une gentillesse omniprésente et une sensibilité permanente sans jamais tomber dans le pathos .Ce livre, ce conte sur l'enfance malheureuse est à la fois tendre, résolument tonique et finalement assez rassurant. Courgette est un peu un « Petit Nicolas » moderne avec les problèmes de ce temps mais aussi avec SA vision des choses, SA réalité que l'on partage avec bonheur le temps de ces 250 pages.
Un chouette petit livre parfait pour les fêtes....

JOYEUX NOËL À TOUTES ZÉ À TOUS :fete: :hello: :boing: :boing: :hello: :fete:


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mardi 23 décembre 2008

Sternberg, Jacques : Histoires à mourir de vous. (Folio)

« Il avait écrit un roman assez émouvant dont le personnage central était une jeune femme très belle, désarmée face au quotidien, exclusivement hantée par l'amour en dehors de toute notion d'intérêt, allergique au mariage comme aux liaisons fructifiantes, donc vouée aux ruptures, à la dérive d'un petit boulot à un autre, à l'aléatoire des maigres expédients et à la pauvreté.
Le livre eut plusieurs tirages dépassant toutes ses espérances, il lui rapporta une véritable fortune et quand cet ouvrage fut réédité pour la dixième fois, l'auteur décida de venir en aide à son héroïne : dans le roman, il lui paya un logement plus décent, lui assura un emploi stable et bien rémunéré. »

Au fil des soixante-six histoires de ce recueil, on retrouve la concision, l'impudique tendresse et le pouvoir de choc des Histoires à dormir sans vous.

Jacques Sternberg est un écrivain cher à mon coeur. Je l'ai découvert très jeune avec un livre de science-fiction, LA SORTIE EST AU FOND DE L'ESPACE, et ensuite, je l'ai suivi dans la plupart de ses bouquins.
Il prend souvent un ton détaché voir glacé pour raconter des histoires drôles ou terribles mais toujours surprenantes. Les récits sont pour la plupart très noirs et vont du surréalisme assumé à un humour désespéré qui prend le lecteur à la gorge.
Il est hors de question de se jeter sur ce livre et de dévorer les soixante six histoires d'un coup comme un affamé, ce que l'on est tenté de faire, mais il faut au contraire déguster chacune de ces nouvelles et les digérer longuement pour apprécier à leur juste valeur ces magnifiques perles littéraires où l'auteur laisse transparaître sa passion pour l'écriture, les femmes, la voile et le bizarre sous toutes ses formes.
Jacques Sternberg est un écrivain inclassable mais terriblement attachant.
j'avais déjà fait une petite chronique sur 188 CONTES À RÉGLER, autre magnifique recueil de nouvelles du même auteur.


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samedi 20 décembre 2008

Silent Hill

De plus en plus souvent, la petite Sharon rêve d'une ville abandonnée, Silent Hill. Sa mère, Rose, décidée à comprendre l'étrange mal dont souffre son enfant, décide de l'accompagner sur place. Alors qu'elles pénètrent dans cet univers lugubre, Sharon disparaît. Rose se lance à sa poursuite, mais se rend vite compte que ce lieu étrange ne ressemble à rien de normal. Noyée dans le brouillard, peuplée d'étranges créatures, hantée par des ténèbres vivantes qui dévorent littéralement tout ce qu'elles touchent, cette dimension va peu à peu livrer ses terrifiants secrets... Avec l'aide de Cybil, de la police locale, Rose se jette dans une quête éperdue pour arracher sa fille au monde de Silent Hill. D'indices en épreuves, elle va découvrir tout ce que Sharon risque et ce qu'elle représente dans une malédiction qui dépasse tout...

Enfin un film d'épouvante intelligent ! :yes:
SILENT HILL est l'adaptation cinématographique d'un jeu vidéo, ce qui n'était pas rassurant a priori, mais mes craintes n'étaient pas fondées. Certes, et ce sera mon seul petit regret, on peut en effet être agacé par quelques petits clins d'oeil au jeux (L'héroïne ouvre un tiroir, trouve une lampe torche, puis dans un deuxième un trousseau de clefs, découvre tout de suite une porte dissimulée derrière un tableau...) mais le réalisateur n'en abuse pas et en fin de compte je n'aurais peut-être pas remarqué ces petits détails sans ma connaissance de l'origine du film.
Ce qui frappe tout d'abord, c'est la beauté de l'image, la sophistication de la photographie et le soin apporté aux décors. Tout est superbe !
Il faut un certain temps pour s'adapter au fait que la ville de Silent Hill existe sur plusieurs plans. La ville habitée des années 70, la cité abandonnée et interdite d'accès de nos jours, la ville fantôme, hantée par des créatures impossibles et hallucinantes, et enfin l'endroit infernal dans les niveaux souterrains.
L'attrait principal du film, outre le mystère permanent de l'intrigue, mystère d'ailleurs en partie persistant y compris après le mot « Fin », c'est l'ambiance lourde et sombre qui distille un malaise pesant et, par moment, une intense épouvante. Ce film n'est pas « gore » quoi que certaines scènes soient éprouvantes mais entre une sinistre sirène qui retentit régulièrement, de fugaces apparitions de créatures effrayantes dont on ne sait rien et la peur presque palpable qui suinte de presque chaque plan, ce film est d'une redoutable efficacité.
Il faut remarquer que les personnages importants sont tous féminins et que le jeu de ces actrices est tout simplement parfait.
Le terrible final est d'un baroque grand-guignolesque tout à fait réjouissant et convaincant et la toute dernière scène, mystérieuse nous montre qu'en se rendant à Silent Hill on bascule DÉFINITIVEMENT dans une autre réalité.
Ce superbe film est mystérieux, très beau esthétiquement et remarquablement intelligent. Certaines scènes chocs figurent parmi les meilleures du genre.
Je suis certain de le regarder encore plusieurs fois tellement il est riche en énigmes et secrets divers. Mais aussi certaines apparitions de créatures hallucinantes sont si marquantes qu'elles méritent plusieurs visions. Bref SILENT HILL est à mon avis un grand film ambitieux qui mérite d'être vu même par ceux qui sont habituellement rebutés par les films d'épouvante.
Superbe soirée !
:boing:


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mercredi 17 décembre 2008

Teulé, Jean : Darling. (Pocket)

Elle voulait qu'on l'appelle " Darling ". Elle y tenait !
Pour oublier les coups reçus depuis l'enfance, les rebuffades et les insultes, pour effacer les cicatrices et atténuer la morsure des cauchemars qui la hantent. Elle voulait que les autres entendent, au moins une fois dans leur existence, la voix de toutes les " Darling " du monde.
Elle a rencontré Jean Teulé. Il l'a écoutée et lui a écrit ce roman.
Un livre unique.

Jean Teulé est l'auteur d'une dizaine de romans, tous publiés chez Julliard, parmi lesquels on peut citer Rainbow pour Rimbaud, Bord cadre, Les lois de la gravité, Ô Verlaine !..
Je, François Villon a reçu le Prix du récit biographique. Le magasin des suicides est traduit en dix langues. Darling vient d'être adapté au cinéma par Christine Carrière (avec Marina Foïs et Guillaume Canet).

Sacré Teulé ! Il a l'art et la manière pour écrire des romans atypiques. J'avais déjà adoré LE MAGASIN DES SUICIDES petit bijou d'humour noir.
Avec DARLING, Jean Teulé nous raconte l'histoire de Catherine qui, déjà à l'état de foetus déclencha une catastrophe puis naquit « dans la merde » au milieu d'une formidable diarrhée de sa mère ! Deux frères bizarres qui trouveront une mort atroce, des parents qui la détestaient, bref, une vie mal engagée. L'espoir, le rêve de « Tartine », son joli surnom, était représenté par les camions qui passaient en rugissant devant la petite ferme familiale.
Alors Tartine s'achète une CB pour communiquer avec les routiers, ses idoles et se fait vite embarquer par l'un deux...
Jusqu'ici ce roman était du Zola mâtiné de comédie. Mais à partir du départ de Darling – son nouveau surnom de CBiste - avec Roméo (cela ne s'invente pas) le livre bascule dans la cruauté la plus totale. L'outrance devient la norme et l'excessif des situations rend ce qui devrait être bouleversant, parodique. Les personnages du récit sont tous d'affreux individus (à part les boulangers du village) cyniques, méchants et d'une bêtise insondable.
Teulé nous offre avec DARLING un excellent bouquin légèrement (?) sadique parfaitement réjouissant.
Quel talent ! :boing:



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dimanche 14 décembre 2008

Reporters sans frontières : 100 portraits de stars pour la liberté de la presse. (Reporters sans Frontières)

Le nouvel album de photographies de REPORTERS SANS FRONTIÈRES vient de paraître.
Vous pouvez vous le procurer chez votre marchand de journaux. pour 9,90€.
L'argent recueilli grâce à la vente de cet album permettra à Reporters sans frontières de mener des actions concrètes, financement de matériel informatique pour relancer une rédaction, paiement d'un avocat lors de procès, aide financière à la famille d'un journaliste emprisonné...

A l’occasion des 10 ans de H&K, l’agence de presse qu’elle a fondée, Monique Kouznetzoff s’associe à Reporters sans frontières en lui offrant 100 de ses plus belles photos réunies dans le nouvel album 100 portraits de stars pour la liberté de la presse par H&K. Le talent de H&K est d’avoir toujours su s’associer la maîtrise et le style des plus grandes signatures de la photographie, telles que Dominique Issermann, Kate Barry, Sylvie Lancrenon ou encore Carole Bellaïche…
Monique Kouznetzoff qui a cofondé l’agence Sygma avant de créer H&K, a choisi de s’inscrire dans la continuité d’une époque ou il n’y avait pas de clivage entre les photographes glamour, les photographes d’actualité ou encore les photographes de guerre, qui pouvaient aussi bien couvrir un conflit au bout du monde qu’un tournage de film. Elle milite pour la réhabilitation de la photo glamour, au sens premier du terme, celle qui dévoile, non pas l’intimité d’un corps flashé à la sauvette mais la beauté d’un visage, la profondeur d’une émotion, ce qui fait l’âme des artistes photographiés.


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LE SITE DE REPORTERS SANS FRONTIÈRES

jeudi 11 décembre 2008

Fournier : Du cidre pour les étoiles. (Dupuis)

De passage à Champignac, Spirou et Fantasio sont confrontés à d'étranges évènements: les champignaciens voient des extraterrestres et les animaux s'affolent. En arrivant au château, le Comte leur apprend qu'il héberge trois ksoriens, effectivement extraterrestres, en stage de mycologie, mais leur amour immodéré pour le cidre les pousse à l'imprudence.
L'un d'eux est blessé et parvient à regagner le château, mais sa soucoupe est volée par des agents secrets étrangers. Une patrouille entière de ksoriens débarque alors, afin de la retrouver, et l'un d'eux est enlevé à son tour. Les ksoriens menacent d'endormir la région pour la retrouver, mais le Comte s'y oppose. Spirou et Fantasio retrouvent la soucoupe et le ksorien de justesse, et les extraterrestres emmènent les agents secrets avec eux. Ils sont en effet contraints de partir la nuit suivante car le Maire, qui soupçonne à nouveau le Comte de se livrer à des expériences, fait fouiller le château le lendemain, sans succès....

J'ai une tendresse particulière pour cet album acheté un soir de déprime et qui a su me remonter le moral (accompagné de quelques bières bien sûr).
:green:
Sorti en 1976 la 26° aventure de Spirou et Fantasio est, à mon avis, le meilleur album (avec l'Ankou) de Fournier. Avec DU CIDRE POUR LES ÉTOILES, l'auteur a su retrouver l'ambiance des oeuvres de Franquin. Il faut dire que tout l'univers de son illustre prédécesseur est convoqué. Le pittoresque village de Champignac avec tous ses inénarrables habitants à commencer par le Maire aux discours aussi confus qu'hilarants, Dupilon l'ivrogne de service et tant d'autres augmentés pour cet album de gendarmes caricaturaux et d'un militaire perpétuellement hilare... et hilarant. Les facéties de Spip, l'écureuil de nos héros sont particulièrement réussies. Les extra-terrestres dans cette aventure sont drôles (ils ne sont pas verts mais rouges) mais aussi sages et sympathiques. Hélas ils raffolent du cidre, c'est leur seul défaut.
Cette bande dessinée est une vraie réussite, une des meilleures de « l'après Franquin ».
Ne vous privez pas de ce plaisir, achetez le à vos enfants et... piquez leur ! :yaka:



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lundi 8 décembre 2008

Amila, Jean : Noces de soufre. (Folio/Policier)

« Annette pensa d'un coup qu'elle n'avait pas pleuré. Rien, pas une larme ! Un choc nerveux immédiatement absorbé, comme un caillou dans l'eau calme, avec une petite onde concentrique qui s'en allait doucement mourir sur les bords. Et durant un court instant elle se sentit baigner dans une merveilleuse lumière, loin de la mort d'un homme, et pourtant au coeur du monde... »
Cette absence d'émotion perdure devant le corps carbonisé. Annette ne ressent rien. Son mariage n'avait rien d'une réussite. André vivait avec une autre. L'enfer que lui fait vivre la police la réveille pourtant de sa torpeur. Trop de mépris et de suspicion. Trop de menaces à peine voilées pour une vérité qui s'impose : on ne lui dit pas tout...

J'ai découvert Jean Amila très récemment avec JUSQU'À PLUS SOIF, formidable roman où l'humour côtoyait le drame d'une façon étonnante et j'ai donc attaqué NOCES DE SOUFFRE avec un à priori favorable. Je n'ai vraiment pas été déçu.
Le roman commence comme un polar classique : un modeste employé de banque, André, vole plus de cent millions (d'anciens francs) avant de périr brûlé vif dans un accident de voiture. Petit problème, en pesant les cendre des billets, on s'aperçoit vite que seuls quelques petits millions ont brûlés. Alors bien sûr on pense tout de suite au meurtre....
Les suspects sont nombreux. Sa maîtresse, Thérèse, le détective qu'Annette la femme d'André avait lancé à ses trousses ou même Lentraille, le flic arrivé en premier sur les lieux et que l'on retrouve à chaque tournant de l'affaire...
Ce bouquin, écrit dans les années 60 rend extrêmement bien l'atmosphère de l'époque. Les personnages, du plus important (Annette) au plus insignifiant ont tous un caractère bien affirmé et le décor est formidablement bien décrit. Une base solide donc pour un récit qui devient vite atypique – les protagonistes étant plus importants que l'intrigue proprement dite - avant de basculer vers un dénouement dramatique. Jean Amila nous offre avec NOCES DE SOUFRE un magnifique roman policier comme on n'en écrit plus guère actuellement. L'intrigue est passionnante et donne prétexte à une série de portraits d'hommes et de femmes très réalistes. Révolte, gouaille, humour parfois, petits riens qui font « vivre » Annette, Thérèse, Jean-Pierre et tous les autres d'une façon concrète. Bref, on y croit !
Ce bouquin m'a fait passer un sacré bon moment. Je suis un nouvel admirateur de Jean Amila et je file tout de suite sur Amazon pour me procurer d'autres livres de l'écrivain.
En attendant je vous engage à acheter celui-ci. C'est du tout bon !



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vendredi 5 décembre 2008

Williams, charles : Ange du foyer (L'). (Folio/Policier)

Sewell est grand, costaud, tout en nerfs et puissance concentrée. C'est un homme précis, élevé à la dure dans les campagnes du Sud. Il est aussi l'ennemi public numéro un de toute une région et ne reculera devant rien pour gagner sa liberté et remettre la main sur sa femme. Celle-ci, Joy, belle et froide comme une photo sur papier glacé, reste prête à tout pour un peu d'amour et beaucoup d'argent.
Mari et femme... Deux félins pour un compte à régler dans un décor tout droit sorti de Steinbeck. L'Amérique profonde laisse transpirer sa misère dans les pages de ce qui restera, dans l'œuvre de Charles Williams, le pendant tragique de Fantasia chez les ploucs. Un classique.

Né au Texas en 1909, Charles Williams s'engage dans la marine marchande et navigue sur les mers du monde entier. Il publie son premier roman, La fille des collines, en 1951. Suivront, jusqu'en 1973, vingt-deux autres superbes récits dont Calme blanc, Celle qu'on montre du doigt ou Fantasia chez les ploucs qui est considéré comme l'un des plus grands classiques de l'humour noir américain. Charles Williams s'est suicidé en 1975 à bord du bateau sur lequel il vivait.

L'ANGE DU FOYER est tout à fait LE roman noir typique. Une sorte de mélange de Steinbeck pour le contexte social et de James Hadley Chase pour l'action. Je dis bien l'action car il n'y a guère d'intrigue dans cette histoire.
Nous sommes très loin ici de FANTASIA CHEZ LES PLOUCS et AUX URNES LES PLOUCS ! , deux romans policiers parodiques du même écrivain, que j'avais beaucoup aimé. Ce livre suinte la misère. Misère d'une famille de petits paysans avec Mitch qui lutte contre une inondation qui risque de ruiner sa pauvre récolte de coton, flanqué de son père, Cass, toujours plus gâteux de jour en jour et de Jessie, sa jeune soeur fascinée par la vénéneuse Joy, belle soeur réfugiée dans leur taudis. Et bien sûr Sewell, le fils aîné, bandit et meurtrier en fuite qui rôde dans la région...
Dans cette Amérique des petits blancs des années 50, les gens souffrent et ne sont guère charitables. Les flics sont pires que les truands et il faut se méfier de tous. La pauvreté rend dur avec soi-même comme avec les autres.
Le récit se déroule implacable et l'on devine très vite que le final ne sera guère heureux.
L'ANGE DU FOYER est un très bon bouquin, bien noir, que l'on dévore d'une traite.



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mardi 2 décembre 2008

Brancati : Rêve de valse. (GF-Flammarion)

Quoi de plus naturel que de vouloir organiser un bal dans une petite ville du centre de la Sicile lorsque les distractions manquent et que la bonne société en est réduite à évoquer les derniers romans à la mode pour tromper l'immonde ennui ? Un bal avec des valses, bien sûr, quelque chose de vivant, qui fasse voler en éclats la monotonie triomphante du milieu des années 1930, et permette aux fonctionnaires en poste dans la petite ville de sortir de leur lugubre isolement... Tout irait pour le mieux si le passage de visiteurs étranges, qui sèment le trouble dans l'esprit des habitants, ne venait ajourner le projet. Et il n'y aurait que demi-mal si ce trouble ne s'installait durablement dans les rêves du malheureux, la Pergolla, le poussant au crime dans un moment de délire...

Ha le beau livre que voilà ! Je ne sais plus qui m'a conseillé cette lecture mais je le ou la remercie de tout coeur.
L'écriture de Brancati me fait un peu penser à celle de Pirandello, d'ailleurs plusieurs fois cité dans ce récit. C'est donc une espèce de farce mais qui bascule dans la tragédie. L'histoire commence doucement, place les personnages et les décors et ce n'est que vers le milieu du récit que l'on sent que le baroque réjouissant des personnages et situations verse peu à peu dans une sorte de folie bien moins gaie. Le bal espéré est d'abord reporté à cause de conférences troublantes sur la doctrine paulinienne puis des causeries d'antroposophie sèment la confusion dans les esprits. La Pergola, brave homme simple en deviendra un meurtrier...
On voit des théories amenées par des étrangers donner lieu à des débats d'idées saugrenues et des polémiques subtiles mais fumeuses qui peuvent se révéler dangereuses.
Ce livre est un petit chef d'oeuvre d'humour caustique à mi-chemin entre le rêve et la réalité. Il se déguste avec grand plaisir.
Le volume contient également un autre récit :  LES AVENTURES DE TOBAÏCO que je me promets de lire très bientôt.

:bouquin2:


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samedi 29 novembre 2008

Taxi driver

Travis Bickle (Robert de Niro) est un vétéran du Viêtnam traumatisé qui souffre d'insomnie. Il travaille de longues nuits comme chauffeur de taxi. L'existence froide et violente qu'il voit autour de lui le plonge dans la solitude. Une série d'événements frustrants le poussent à commettre un acte destructeur. Le clou de cette histoire est une des scènes les plus fortes et les plus émouvantes de l'histoire du cinéma.

Je n'avais vu ce chef d'oeuvre qu'une seule fois au cinéma. Alors l'envie de le revoir de longues années après s'est imposée quand j'ai trouvé ce DVD à « petit prix ».Ce film exceptionnel narre le basculement inéluctable dans la folie d'un vétéran du Vietnam reconverti en chauffeur de Taxi de nuit. Écoeuré par ce qu'il voit de violence, prostitution, trafics divers pendant ses tournées, Travis, enfermé dans sa solitude et insomniaque, perd petit à petit le sens du réel. Amoureux de Betsy qui le rejette vite, il pète littéralement les plombs et projette de tuer le candidat aux élections présidentielles que soutient celle-ci. Puis il décide de sauver de la déchéance une très jeune prostituée.
On sent la violence monter tout le long du film pour aboutir à une scène courte mais terriblement intense où Travis déchaîne sa brutalité dans un massacre inouï.
Robert de Niro est formidable ainsi d'ailleurs que tous les autres acteurs. L'ambiance du film est crépusculaire et fait bien ressortir le côté « décadent » du New York nocturne.
TAXI DRIVER est un GRAND film ! :top: (Et puis : « You talkin' to me ») :yaka:


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mercredi 26 novembre 2008

Sempé : Rien n'est simple. (Folio)

Me voilà bien embêté pour écrire cette chronique ! A chaque fois que j'écris à propos d'un livre de Sempé, j'emploie toujours les mêmes termes...
Justesse de ton, beauté du trait, délicatesse, tendresse, finesse de l'humour.... et j'ai du mal à trouver autre chose. Sempé dénonce certes la société mais il n'y a jamais une once de cynisme ou de méchanceté dans ses magnifiques petits dessins.
Alors je suis obligé de répéter encore : Humour tout en finesse, délicatesse, etc....
Le problème est bien qu'il m'en reste encore deux sous le coude ! Alors que vais-je bien pourvoir sortir au prochain billet sur Sempé ?
Il ne me reste qu'à espérer que vous aurez oublié celui-ci...
En attendant cliquez sur les deux images pour un petit aperçu du talent de ce dessinateur.



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